Sociologie, philo, romans : les livres français séduisent les Etats-Unis

Cécile Mazin - 18.07.2016

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La traduction d’ouvrages français vers les États-Unis représente un enjeu important. À ce titre, le Book Department of the French Embassy vient de produire la liste, compilée avec l’aide des éditeurs et agents, tant français qu’américains. On compte ainsi 417 ouvrages inventoriés pour l’année 2016, contre 360 en 2015. « Le marché de la traduction semble se renforcer aux États-Unis », en conclut le département. 

 

All the Books of My Life

August Drill, CC BY 2.0

 

 

Selon les données statistiques fournies par le Syndicat national de l’édition, les cessions de droit ont progressé de 2,3 % en 2015 – les éditeurs français ont ainsi signé 12.225 contrats à destination de plus de 50 langues. 

 

« Depuis 10 ans, ce chiffre est en constante progression (plus de 120 %), signe de l’intérêt croissant des éditeurs à travers le monde pour la production éditoriale française et de l’importance des efforts développés par les services de cessions de droits dans les maisons d’édition en France. 15 % des droits numériques sont cédés simultanément ; pour le Royaume-Uni et les États-Unis, la cession simultanée est bien plus courante (respectivement 62,3 % et 45,6 % des contrats signés) », soulignait le SNE. 

 

Tendance à la hausse pour les traductions du français

 

Pour le Book Departement, lié à l’ambassade de France, la tendance 2016 confirmerait les bons chiffres de l’année passée : ainsi, 159 titres de non-fiction ont été ou seront publiés sur le territoire américain cette année. Une augmentation véritable : 

 

  • 119 titres en 2013
  • 140 titres en 2014
  • 145 titres en 2015

 

« Bien entendu, les titres de philosophie, une spécialité française, se classent toujours haut dans le classement », souligne le Département, avec le classement suivant : 

 

  • Alain Badiou (six titres publiés juste pour cette année), 
  • Michel Serres (quatre titres), 
  • Barbara Cassin, Jacques Rancière et Jean-Luc Nancy (trois chacun) 
  • Hélène Cixous (deux titres)

 

En matière de non-fiction, la sociologie, l’anthropologie ou encore les sciences naturelles et l’économie (Thomas Piketty tout particulièrement) ne sont pas en reste. 

 

Dans le domaine de la fiction, 145 titres traduits sont publiés pour l’année 2016, avec 89 romans contemporains, sortis en France entre 2000 et 2016. On peut ainsi citer Maylis de Kerangal, Véronique Bizot, Nathalie Léger, Fouad Laroui, Nelly Alard et Adrien Bosc, traduits pour la première fois. D’autres publient leur deuxième ou troisième ouvrage, comme Abdellah Taïa, Scholastique Mukasonga, Lola Lafon, Antoine Laurain, Hélène Grémillon, David Foenkinos, Sébastien Brebel et Ananda Devi. 

 

Cette progression semblerait indiquer que les auteurs parviennent à conquérir un peu plus le marché américain, en arrivant à convaincre les éditeurs. Non seulement les maisons américaines se montrent sensibles aux nouveautés, mais elles viendraient également chiner dans les œuvres plus anciennes. 

 

Enfin, on compte 65 romans graphiques parus sur le marché américain : Les Schtroumpfs en font partie. Souvent réédités, les petits hommes bleus annoncent un ouvrage en 2016 et quatre à venir pour 2017. 

 

Le développement du marché du comics pousse ainsi des structures françaises à imposer leur présence outre-Atlantique. Ainsi, Europe Comics, lancée en novembre 2015 pour la promotion des titres franco-belges traduits a décidé de prendre part à la Comic Con de San Diego, qui se déroule du 20 au 24 juillet. Trois auteurs y seront tout particulièrement mis en avant : Roger, auteur de Jazz Maynard, Gabriel Hernandez Walta (La forêt des suicidés) et Mathieu Reynès (Alter ego).  

 

« En valeur, le poids de l’activité des cessions de droits étrangers dans le chiffre d’affaires des maisons d’édition ayant répondu à l’enquête est de l’ordre de 5 % à 7 % (poids stable depuis 2013) », indiquait le SNE dans les statistiques 2015/2016. Pour l’année 2015, le Syndicat soulignait que le chinois était le marché le plus important pour les cessions de droits, suivi par l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne. L’anglais (sans distinction US ou UK) ne pèse que pour 6 %, soit autant que le polonais, ou le coréen. 

 

via French Culture