Sofia : plus d'aide directe aux collectivités pour les manifestations littéraires

Nicolas Gary - 18.11.2019

Edition - Economie - financement manifestation littéraire - soutien aide Sofia - communes événements festival


La Sofia, organisme partenaire de nombreuses manifestations littéraires, met de l’ordre dans ses dossiers. Le conseil d’administration a en effet décidé de ne plus verser de financements directs à des collectivités territoriales, comme c’était précédemment le cas. Une réaction aux recommandations de la Cour des comptes, un peu sourcilleuse sur le sujet.

Sofia - Salon du Livre de Paris 2015
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Sur l’année 2018, plus d’une centaine de manifestations ont bénéficié d’un soutien de la Sofia, dans le cadre de l’action culturelle. Festivals, salons, fêtes du livre et autres rencontres peuvent solliciter l’organisme pour bénéficier d’une aide, sous conditions. Mais au cours des années passées, la Sofia abondait directement aux ressources de communes organisatrices de manifestations. 

Une connexion qui pose problème à la Cour des comptes, et que le conseil d’administration de la Société a choisi de régulariser. « Cela ne concerne qu’un petit nombre de dossier, très minoritaire », indique-t-on à ActuaLitté. « Et probablement la Sofia n’aurait-elle pas dû accepter par le passé de soutenir directement des communes. » 
 

Perte de financement ? Non point...


Quelles conséquences, alors ? Simple : la décision du conseil d’administration de la Sofia implique que l’organisme privé n’abondera plus directement au budget des collectivités. Cela équivalait en effet à payer une quote part du salaire des fonctionnaires — problématique. C’est ce point précisément qui pour la Cour des comptes, à qui la Sofia en rend, devenait étrange.

Avec un budget de 4 millions € pour 400 projets aidés, la Sofia pourra toujours venir en compensation des aides des communes, régions ou départements aux associations, bibliothèques ou librairies. L’investissement sur l’ensemble des manifestations littéraires n’est en effet pas négligeable.

En revanche, les événements portés par les communes devront se constituer en association (avec un bilan et un compte d’exploitation) et s’emparer de la manifestation en question. Des résultats pourront alors être examinés précisément, alors que demander les comptes publics d’une commune ou d’un département n’était pas envisageable.

Voilà qui ne remet donc pas en cause le budget alloué aux festivals et autres, mais pour que le maintien se fasse, il faudra une structure distincte de la collectivité locale.


Commentaires
Information intéressante, d'autant que la Sofia ne semble pas communiquer là-dessus, ni sur la page d'accueil de son site, ni sur celle spécifiant les critères d'attribution pour les demandes de soutien des festivals (ici : http://www.la-sofia-action-culturelle.org/index.php?page=critere). Cela concernera les communes (des salons comme Le goût des autres au Havre, Livres dans la boucle à Besançon, Histoire de Lire à Versailles, etc...) mais aussi, il faut le présumer, tout ce qui ressort du public, les EPCC (comme le Festival Livres à vous), les agences du livre (comme le festival Les Petites fugues en Bourgogne). Il est tout de même un peu tordu de laisser croire qu'une aide de la Sofia pour une manifestation précise est en fait « détournée » de son objet par une ville pour payer ses fonctionnaires... ou bien est-ce une nouvelle manière de rogner sur les subventions culturelles ? Ce qui est étonnant de la part de la Cours des compte, c'est qu'elle n'applique pas le même raisonnement aux aides du CNL, du Ministère de la culture, des régions, des départements, des métropoles etc... puisqu'à ce compte-là, elle pourrait estimer aussi que les aides à la culture que peuvent toucher certaines villes pour des manifestations culturelles de toutes natures (le livre, mais aussi la musique, la peinture, etc.), organisées par une ville, sa médiathèque, son centre culturel, son école de musique, son musée, etc... sont une façon de "payer une quote-part du salaire des fonctionnaires" qui travaillent dans tous ces lieux. Mais comme il s'agit là d'argent public, qui circule en vase clos (de l'Etat, des régions, etc, vers une commune) c'est sans doute moins problématique à leurs yeux, que de l'argent provenant d'une structure privée comme la Sofia. Mais alors, pourquoi l'Etat ne cesse de répéter qu'il faut plus faire appel aux aides privées pour les projets culturels ? Est-ce qu'il entend que ces aides ne puissent être dirigées aussi que vers des structures privées (associatives ou autres), ce qui implique que, pour la Cours des comptes, les villes qui souhaitent développer une politique culturelle ne doivent le faire que sur leurs fonds propres ou bien... déléguer ladite politique à des structures extérieures ? Autre manière de rendre la culture un peu plus privée et moins publique... ? Tout cela interroge, à tout le moins.
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