Solidarité bien ordonnée commence par offrir ses livres rachetés

Clément Solym - 21.12.2010

Edition - Société - offrira - livres - bibliothèques


Que faire d'un ouvrage que vous avez mis 10 ans de votre vie à écrire, et qui, soudain n'intéresse plus personne ? Enfin, personne... Disons plutôt que votre éditeur vous informe qu'un gros stock attend à l'imprimerie, et que, publié depuis deux ans, les ouvrages allaient connaître les joies du pilon...

Diable ! Pourtant, Laurel Snyder, après avoir fondu mentalement en larmes quelques secondes, s'est vite ravisée. Étant donné que l'entrepôt lui proposait de racheter le stock pour un tarif avantageux, elle a décidé de mobiliser les économies que son mari et elle avaient accumulées, et de tout reprendre.


Réponse sidérante du mari : « Bien sûr. Nous avons beaucoup trop d'argent, de toute façon. Les enfants n'ont pas besoin d'aller à l'université. » Amusant, non ?

Et voilà que, quelques semaines plus tard, elle s'est retrouvée avec 61 cartons de bouquins... qu'elle a tout simplement offerts à des bibliothèques scolaires, publiques - celle de sa ville et d'autres.

Un don de grande envergure, qui n'aura nécessité qu'un peu de bonne volonté, finalement. Les 800 livres ont d'ailleurs trouvé un endroit pour poursuivre leur vie, comme elle le raconte sur son blog.

Tous les auteurs n'ont pas un mari aussi généreux que le sien, souligne-t-elle, et ne sont probablement pas aussi fou qu'elle a pu l'être.

Mais elle invite à réfléchir sur son geste, et la manière dont on pourrait arriver à repenser ce qui normalement est la fin de vie des livres...