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Sorbonne Université Presses : une approche spécifique des réseaux sociaux

Auteur invité - 14.02.2020

Edition - Les maisons - Sorbonne Université Presses - réseaux sociaux éditeur - partage communication informations


Les maisons d’édition universitaires n’ont pas le même rapport aux clients que les autres : elles évoluent dans un contexte spécifique (celui de l’Université) et sont dépendantes d’une politique de communication globale plus normée et contrôlée. Les réseaux sociaux — ici les réseaux communautaires grands publics que nous utiliserons pour observer leur activité — ne connaissent pas forcément le développement que l’on peut voir ailleurs. 


Lettres Sorbonne Université – Photo de la Maison de la Recherche de Nuit. Au rez-de-chaussée, les SUP.


Dans les différentes offres d’emploi, les stagiaires, apprentis et actifs voient que les postes en communication et en web-marketing sont aujourd’hui parmi les plus nombreux de l’offre : à l’intérieur de ce domaine, la « relation client » est le secteur consacré aux réseaux sociaux, et est devenu d’une importance capitale.

Et ceci depuis le début des années 2010 dans les métiers du livre déjà « au cœur des préoccupations des entreprises ». 
 

La prédominance de Facebook 


L’activité y est classique : Surtout le lieu des annonces de sorties de livres, consistant en une courte présentation de ceux-ci en 5-6 lignes, du visuel, et du lien renvoyant à la page d’achat. Chaque publication a le même format que la précédente, toutes sont très normées. Les publications ne sont pas régulières, il n’y a pas pour but d’avoir un rapport quotidien aux lecteurs, mais il y a toujours au moins 3 publications par semaine.

La page compte près de 8000 like, mais les posts sont likés rarement a plus de 20 fois. À côté de ça, une volonté de se lier à l’actualité : chaque évènement de l’actualité, chaude si possible, est exposé brièvement et relié à un ouvrage des éditions qui pourrait aider à les comprendre : actualité politique, littéraire, sociétale... De rares posts sont liés à des évènements (colloques, table ronde...) tant qu’elles sont liées à une publication des Presses. 

Selon Stéphanie Vecchione (3), ce serait une erreur de procéder ainsi, en privilégiant « l’informationnel » : il s’agit plutôt d’une veille de publication sommaire qu’une véritable page d’échanges. L’on peut le comparer à ce qu’en dit Nadia Bentahar aux presses universitaires de Caen : elle communique aussi sur les sorties éditoriales, mais fait des liens avec les sorties des autres universités, et a une activité de sensibilisation du « public sur l’édition universitaire et publique » (exemple : changement de TVA...) » (p. 15). 
 

Les délaissées : affaire de choix, de coûts ? 


Le site internet annonce assez peu les liens des réseaux sociaux, une simple « pancarte » rouge en descendant la première page : avec Twitter, Facebook et Instagram. L’adaptation sur téléphone portable du site est néanmoins bonne, fluide, et bien maitrisée : il y a conscience de l’importance d’une bonne interface sur les mobiles. 

Le twitter reproduit quasiment à l’identique Facebook et a très peu de visibilité face à son ancienneté : 2010. Il n’est pas plus exploité pour faire vivre une communauté ou même s’élargir. La politique d’Instagram se veut plus vivante. Il s’agit surtout de personnes photographiées en lecture des livres, des photos des livres ou des accessoires de la boutique.

On présente plus aisément les revues, les journaux liés aux presses, plus seulement une activité de revue de sortie. Néanmoins l’activité est à la fois rare et très irrégulière : depuis le 2 avril 2019 on compte 5 posts Instagram, dont 3 ce mois d’octobre 2019... 
 

Et très peu d’abonnés...


Privilégier un réseau social, c’est un choix : il suffit de se rendre aux Presses de la Sorbonne pour voir que l’équipe est très peu nombreuse et est en roulement, devant assumer toutes les tâches d’une maison d’édition qui privilégie bien plus l’éditorial que le commercial et la communication, selon les moyens du bord

Les maisons universitaires ont une spécificité : elles ne s’adressent pas à tous les publics. Elles savent qu’elles fournissent des ouvrages trop spécialisés pour le grand public. Mais la communication est primordiale : ce ne sont pas tous les éditeurs en universitaire qui peuvent se permettre de « chercher des relais de croissance dans la presse, les revues, la littérature générale... » comme le jeune groupe Humensis.

Morgane Taquet nous montre que cette famille éditoriale est méconnue du grand public, plus qu’ailleurs en Europe, et que le travail d’ouverture au public se fait par une réécriture des travaux pour être plus accessibles... c’est primordial, mais si personne ne sait qu’ils existent... 

On voit que l’AEDRES (L’Association des éditeurs de la recherche et de l’enseignement) a pour objectif affiché de rendre les maisons qu’il associe plus visibles dans la chaine du livre : une exception dans un monde toujours perçu comme fermé de l’extérieur. La diversification des concepts éditoriaux n’empêche pas le recul des ventes, malgré l’augmentation du nombre des étudiants : encore un indice que la solution est surement ailleurs.

Aussi la fidélisation n’est surement pas vécue de la même manière, car elle s’associe à l’image de l’Université elle-même, qui vit déjà à travers ses professeurs et ses étudiants. Elle s’inscrit dans une communauté préexistante, et en devient une des branches de vie. L’activité sur Facebook est privilégiée, car le Facebook de l’Université l’est aussi.

Nous n’avons donc pas en réalité une politique de communication de maison d’édition, mais un pôle d’activité universitaire. 
 

par Ismael Loubatieres

Dossier : Lecteurs, communauté et réseaux sociaux : promouvoir le livre


Article réalisé et publié dans le cadre des travaux menés avec les élèves du Master 1 Apprentissage de l’université de Villetaneuse — Paris 13, spécialité Commercialisation du livre. Les étudiants sont invités à écrire sur un sujet lié au monde de l'édition, suivant des consignes de rédaction journalistique.  



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