Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Sorciers et sorcellerie : la magie de Delaney tombe comme la foudre

Victor De Sepausy - 24.02.2017

Edition - Société - sorcellerie magie Epouvanteur - Joseph Delaney Epouvanteur - formation Epouvanteur série


On garde à l’esprit les images de sabbats où siège un grand Bouc symbolisant Lucifer. Ou encore, ces sorcières, chevauchant des balais magiques. Et bien d’autres… La sorcellerie reste cette fascinante et mystérieuse forme de magie. Combattue par une église qui refusait l’idée d’un retour à des croyances païennes, sa relation aux créatures infernales s’est affirmée avec le temps. Joseph Delaney en sait quelque chose. 

 

Going Home

Tom Lee, CC BY ND 2.0

 

 

Blanche, quand elle fait le bien, haïtienne, quand elle traite avec le vaudou, ou noire quand elle se tourne vers des forces obscures, la sorcellerie se décline de diverses manières. Historiquement, la sorcellerie serait tout de même tournée vers les pratiques de sorciers, assimilées à la magie noire. Rituels, incantations, et grimoires sont alors les éléments essentiels de son existence.

 

C’est en tirant parti de ces légendes – ou de cette réalité, ne soyons pas obtus – que Joseph Delaney a développé l’univers de L’Épouvanteur. L’histoire du septième fils de septième fils s’ancre déjà dans les grandes mystiques : cette correspondance des chiffres entre dans une numérologie mystique essentielle. Mais de la sorcellerie, le romancier ne reprend finalement que les grands codes pour livrer son personnage à une plus grande cause : celle de l’apprentissage.

 

Devenir le futur Épouvanteur, cela implique de lutter contre certaines créatures obscures. Et avec le temps, et l’expérience, les enjeux grandissent – le roman d’apprentissage fait son effet.

 

Entre les divinités maudites – disons, peu amènes –, les anciens apprentis malintentionnés, les nécromanciens – là, on verse dans la magie qui joue aux marionnettes avec les morts... En somme, toutes les créatures se retrouvent, avec des puissances démoniaques et des forces bienveillantes. Car finalement, chez Delaney, si la sorcellerie existe, c’est qu’elle a une mission.

 

Des créatures maléfiques qui sculptent le héros

 

À mesure que le Mal prend de l’ampleur, la magie doit se déployer contre les forces de l’obscur. Bien entendu, cette évolution ne peut s’opérer qu’à mesure que les démons combattus prennent du galon : de la Mère Malkin « sorcière la plus maléfique qui soit » en passant par le Seigneur de l’Hiver (qui fait aussi froid dans le dos...), les personnages sont hauts en couleur.

 

Bien sûr, des créatures classiques font leur apparition, pas nécessairement assimilées au monde des sorciers, mais toujours en lien avec un autre monde : le vampire du 10e opus ou le loup-garou du 11e font évoluer tout un univers... Le tout entrecoupé d’artefacts magiques – la Lame du Destin, pour ne citer qu’elle – qui vienent en aide aussi bien qu’un sortilège bien lancé.

 

 

Puisque la magie a frappé, et frappera, la formation doit pourtant prendre fin, un beau jour. Et voici que l’Épouvanteur doit faire face au pire des rituels : celui du mensonge, qui laisse présager la trahison. Au cours des ans, des secrets se sont enfouis, derrière d’apparentes évidences. Le doute et la division, les amis qui deviennent ennemis... La Revanche de l’Épouvanteur sonne le glas d’une histoire, où, finalement, la magie sert à se révéler à soi-même.

 

Être ou ne pas être l’Épouvanteur, telle sera la question.