SOS d'un ex-libraire pour ne pas finir SDF

Clément Solym - 06.12.2012

Edition - Librairies - Gérard Lamber-Ullmann - Appel au secours - Voix au Chapitre


Après 18 années d'existence précaire, la librairie Voix au Chapitre, qui était basée à Saint-Nazaire, a été obligée de fermer ses portes il y a deux mois. En septembre, l'indépendant s'était retrouvé en cessation de paiement (voir notre actualitté). Aujourd'hui, l'homme qui tenait la boutique à bouts de bras, Gérard Lambert-Ullmann, a lancé un appel au secours via une lettre adressée à ses amis comme à ses anciens clients.

 

 

 

 

Ci-dessous la lettre retranscrite dans son intégralité :

 

« Vous avez aimé Voix au chapitre et son libraire. Vous aurez peut être à cœur qu'il ne devienne pas SDF. Deux mois après la mise en liquidation de la librairie, n'ayant pas su me constituer un bas de laine, je me retrouve sans aucune ressource : Pas droit aux indemnités des Assedic ; Pas assez de trimestres pour une retraite ; Droit au RSA, sans doute, mais « quand le dossier sera complet ». Payer mon loyer devient difficile. Je me construirais bien une cabane dans la forêt de Rohanne près de Notre Dame des Landes, mais elles n'ont pas l'air de tenir longtemps en ce moment.

 

De plus, les huissiers menacent de saisir ma seule richesse : ma bibliothèque personnelle.

 

Alors, toute honte bue, je me résigne à « faire la manche ». Certains diront peut-être que c'est une habitude. Malheureusement, oui, ce n'est pas la première fois. Avant c'était pour que survive la librairie. Aujourd'hui c'est pour que survive l'ex-libraire tout simplement. Ça me met toujours autant mal à l'aise mais c'est le seul moyen immédiat dont je dispose.

« Rebondir », comme dit Paul Emploâ. Volontiers. Comment ?

Si vous avez des pistes, n'hésitez pas à me les indiquer.

Lire, écrire, compter, traduire (de l'anglais), corriger les fautes, je sais le faire. Mais aussi, grâce à mes vies antérieures : Maçonner, menuiser, peindre, cuisiner, bûcheronner, enseigner (des choses), tenir la main aux vieilles dames et aux petits enfants, démêler un sac de nœuds, etc.

Si vous voyez un petit ou gros boulot correspondant à ces compétences, n'hésitez pas à m'en faire part. Ça Urge.

Et si vous ne savez pas quoi faire de votre petite monnaie, de vos choux et carottes, de vos sacs de riz et kits de survie… A vot' bon cœur M'sieurs dames.

Croyez-moi : être chaque matin rendu boiteux et anxieux par le besoin d'argent, ça mine le moral. »

 

Contacté par ActuaLitté, Gérard Lambert-Ullmann n'était pas disponible pour livrer quelques précisions.