Soumettre un manuscrit à un éditeur : le rôle de l'agent littéraire

David Pathé Camus - 25.09.2019

Edition - Société - Agent littéraire - auteur manuscrit éditeur - trouver éditeur livre


DOSSIER – Pour mieux comprendre le fonctionnement de l’agent littéraire, ActuaLitté propose une série d’articles réalisés par David Pathé-Camus. Agent, traducteur, auteur, il passe en revue les multiples facettes du métier et de son fonctionnement. Avec cette suprême épreuve : soumettre le manuscrit à des éditeurs. Ou à un seul ?


 

Comme je l’ai dit précédemment, si j’estime – moi, David Camus, votre agent – que votre manuscrit n’est pas prêt à être présenté aux éditeurs, je ne l’enverrai pas. C’est ma façon de travailler ; d’autres agents travailleront autrement. En fait, tout dépend de l’état du manuscrit – il peut être plus ou moins abouti, mais dans le cas d’un roman (pour la non-fiction, c’est différent), mieux vaut présenter le livre dans un état aussi achevé que possible. 
 

Présenter un texte abouti


Il est de mon devoir de m’assurer que ce que j’envoie aux éditeurs serve au mieux les intérêts de mes clients, et reflète leur talent. Pas question que le travail que mon auteur fera avec son éditeur ait à souffrir de problèmes d’orthographe, de grammaire ou de ponctuation. L’éditeur est là pour permettre au livre de franchir un nouveau palier. Plus l’auteur et moi aurons travaillé en amont, meilleur sera le travail de l’éditeur après. 

On peut penser que la notion de « publiable ou pas » est subjective. J’ai tendance à penser qu’elle ne l’est pas. Je suis un bon lecteur, et j’ai confiance en mon regard et en mon expertise Je n’oblige personne à travailler avec moi. J’expose les règles dès le départ. Avant de signer un mandat de représentation, j’explique toujours aux auteurs qui sont venus me trouver la manière dont je travaille.  

Ces règles – mes règles – sont importantes. Il est essentiel qu’un auteur les comprenne – ce n’est pas toujours le cas – et les accepte – ce qui est difficile. 

Imaginez. Vous êtes un auteur talentueux, publié avec succès. Votre dernier manuscrit a cependant été refusé par votre (prestigieux) éditeur habituel alors que vous êtes persuadé d’avoir écrit un nouveau chef d’œuvre, et pourtant l’agent que vous avez contacté et qui a accepté de vous représenter parce qu’il vous trouve incroyablement talentueux(se), vous dit : « Je suis prêt à vous défendre et à vous conseiller, mais mon premier acte en tant que votre agent, est justement de vous conseiller de reprendre votre manuscrit parce qu’il n’est pas publiable en l’état. »

Acceptez-vous, en tant qu’auteur, que votre agent – que vous allez rémunérer par le biais d’une commission prélevée sur vos revenus – n’envoie pas votre manuscrit aux éditeurs parce qu’il estime qu’il n’est pas encore prêt ? 


éditeur dubitatif


L’enverrez-vous seul de votre côté ? En théorie, si vous avez signé, vous ne le pouvez pas – l’agent seul gérant l’ensemble du processus de soumission. Mais vous pouvez avoir l’impression d’être bloqué, d’être freiné artistiquement (et financièrement), et donc chercher à soumettre vous-même votre manuscrit. En ce qui me concerne, je vous le déconseille. Mais si vraiment vous y tenez, faites-le. 

Sachez seulement que l’édition est un tout petit monde, et que si vous avez un agent, tout le monde le sait. Un auteur représenté par un agent, et qui soumettrait seul de son côté son manuscrit aux éditeurs, enverrait à ces derniers le message suivant : « Mon agent considère que mon manuscrit n’est pas assez bon pour qu’il l’envoie lui-même. » 

Est-ce vraiment ce que vous souhaitez ? Seul vous – l’auteur – pouvez répondre à cette question. Mais sachez qu’avoir un agent n’est pas sans conséquence. Travailler pendant plus d’un an sur un manuscrit parce que votre agent pense qu’il faut le faire n’est pas à la portée du premier venu. Cela exige beaucoup de courage, de patience, une grande capacité de travail et une énorme confiance en son agent. Si vous ne pensez pas avoir tout cela, peut-être n’est-ce pas encore le moment pour vous d’avoir un agent. 
 
Prochain article : « Soumettre un manuscrit – partie 2 »

Précédemment : Entre l'agent et l'auteur, quelle relation ?

photo : licence Pixabay


Dossier - Profession : agent littéraire, un métier mal connu 


Commentaires
J'écris depuis 20 ans une série historique traitant de la France et de ses colonies (en particulier le Canada) sous l'Ancien Régime. Le premier tome, publié à compte d'auteur, a plu à une éditrice des Laurentides (Louise Soulard) qui la édité sous le nom de Le fils de l'aigle. Malheureusement, un cancer a mis un terme à notre collaboration. Depuis, je suis a la recherche d'une Maison d'édition sérieuse pour amener cette collection de dix ouvrages à bon port. Un agent littéraire serait sûrement en mesure de présenter cette longue saga à des éditeurs appropriés.
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