Soutien scolaire : public gratuit vs privé payant

Clément Solym - 24.08.2008

Edition - Société - soutien - scolaire - privé


Récemment, nous faisions état des stages de rentrée mis en place de façon expérimentale dans 200 lycées de France. Cette initiative rend pleinement compte de la politique éducative choisie par Xavier Darcos.

Donner plus pour ceux qui ont moins :

D’un côté, une réduction des postes, et donc peu d’espérance de pouvoir mieux suivre les élèves en classe. Mais de l’autre, la possibilité offerte aux familles de laisser leurs enfants quelques heures de plus au collège ou au lycée afin qu’ils suivent des heures de soutien en petits groupes.

L’année dernière apparaissait l’accompagnement éducatif dans les collèges relevant des ZEP : deux heures de soutien scolaire ou de pratiques artistiques après 16h00 pour les élèves volontaires. La mesure qui suivit fit plus de bruit, à savoir les stages de remise à niveau proposés aux élèves en fin de cycle au primaire. Ce ne sont pas moins de 82.000 écoliers qui ont rogné sur leurs vacances de printemps pour y participer

Et, depuis, on a appris la tenue de différents stages pendant les grandes vacances dans 200 lycées en difficultés afin de mieux préparer les élèves volontaires à la rentrée prochaine.

Des mesures expérimentales qui se généralisent :

Désormais, on sait que la mesure d’accompagnement éducatif, limitée l’an dernier aux établissements ZEP sera étendue à tous les collèges. Et les 200 lycées à avoir proposé des stages de rentrée continueront sur l’ensemble de l’année à offrir un accompagnement particulier aux élèves qui le désirent.

Aux critiques, Xavier Darcos répond qu’il n’agit qu’en termes de justice sociale : l’école se doit de proposer aux familles peu aisées les mêmes services que ceux que peuvent se procurer les plus favorisées auprès des sociétés de cours à domicile.

Les sociétés privées ne craignent pas la concurrence du public :

Du côté d’Acadomia et de Complétude, les deux poids lourds du secteur respectivement n°1 et n°2, on ne se montre pas véritablement inquiet sur le tournant que prennent les choses. Au contraire, on se félicite de voir le gouvernement reprendre à son compte des systèmes dont l’efficacité ne fait pas de doute pour eux, comme les stages de rentrée ou de vacances.

Le marché des cours particuliers est difficile à évaluer avec précision étant donné le nombre de travailleurs non déclarés dans ce secteur. Environ un million d’élèves suivraient régulièrement des cours à domicile : 800.000 « au noir » et 150.000 à 200.000 passeraient par des organismes privés.

Un système trop neuf pour être jugé :

Acadomia ou Complétude (fondés respectivement en 1989 et 1984) ont vu croître leurs parts de marché, comme par magie, après la promulgation de la loi permettant à un particulier d’avoir un crédit d’impôt de 50 % à partir du moment où il emploie une personne à domicile.

Si l'Etat n'a pas toujours vu d'un bon oeil ces officines, il a tôt fait de comprendre qu'elle permettrait, à terme, de blanchir un argent qui n'apparaissait jamais auparavant. C'est pourquoi la législation s'est progressivement assouplie pour mieux les aider dans leur domaine d'exercice.

Les nouvelles orientations prises par le ministère sont un peu trop récentes pour pouvoir d’ores et déjà juger de leur efficacité mais les élèves interrogés font en tout cas état de leur satisfaction à se voir écouter de façon beaucoup plus personnalisée qu’en classe entière.