Inventions et autres vies : Jean Echenoz, des Eclairs dans les yeux

Clément Solym - 16.12.2010

Edition - Les maisons - echenoz - eclairs - roman


Jean Echenoz est un homme discret, rare en radio, quasi absent du PAF – et tant mieux ! – il bénéficie d’une aura forte sur le monde littéraire. Rentré dans l’écurie Minuit sous l’égide du regretté Jérôme Lindon, il rapporte très tôt un prix Médicis à sa maison d’édition avec Cherokee. Que du bonheur.

En 2006, il entame un nouveau cycle dont le troisième opus a paru à l’automne : Des Eclairs. C’est, après Courir et Ravel, son troisième récit biographique, retraçant en moins de deux cent pages une existence et ses détours. Ici, celle de Nikola Tesla, inventeur génial dérivant peu à peu vers la folie. Pas furieuse, loin s’en faut.

Un peu différent des précédents, dont la lecture est fortement conseillée – Ravel ! –, on y découvre les errements scientifiques d’un homme obsédé par une seule chose, correspondre avec les martiens. Et si cela doit passer par la diffusion de l’électricité dans tous les foyers et faire bénéficier à l’humanité de progrès formidables, tant pis. Ou tant mieux, c’est selon.

Aux personnes qui redoutent les couvertures blanches finement cerclées de bleu des Editions de Minuit, on préfère l’annoncer tout de suite : ce roman est totalement accessible, on ne s’ennuie pas une seconde et en plus on s’amuse. C’est un peu comme un Picsou Magazine, en plus sérieux. L’homme a passé l’âge de jouer à la marelle.


Lire notre chronique de Des éclairs, de Jean Echenoz