Plainte en contrefaçon contre Amazon, Chapitre et Fnac

Clément Solym - 27.03.2009

Edition - Justice - plainte - contrefaçon - Amazon


Les Éditions Chariot n'ont pas un catalogue exceptionnellement vaste aussi n'est-il pas compliqué de surveiller ce que l'on fait de leurs livres. Versant clairement dans l'astrologie, avec la publication de cartes et de Tarots, les éditions furent montées en 1927 par Georges Muchery, auteur de plusieurs ouvrages.

Or, jamais les droits de ces livres n'ont été cédés auprès d'éditeurs étrangers.

Pour Lilianne Genin-Muchery, aujourd'hui propriétaire et héritière de la maison la surprise fut grande de constater que sur Amazon UK, par exemple, on pouvait trouver des exemplaires du livre Georges Mucherry, son beau-père, traduits.

Contrefaçon et reproduction

Colère et stupeur : comment des livres dont les droits de traduction n'ont jamais été cédés peuvent-ils être vendus de la sorte ? Sans même que les ayants droit en soient avertis ? Le 22 novembre 2007, elle se décide alors à porter plainte pour « contrefaçon par édition ou reproduction d'une oeuvre de l'esprit au mépris des droits de l'auteur ». Et dans la plainte, les accusés sont ni plus ni moins qu’Amazon, Fnac et Chapitre... Du beau linge, si l'on peut dire.


L'auteur, qui fut membre de la société des gens de lettres (SGDL), n'aura pourtant pas reçu le soutien de l'organisme, lorsque Mme Genin-Muchery l'a sollicitée. Le 24 janvier, elle fera une lettre à la gendarmerie où la plainte fut déposée, dans la ville de Luce (28). Aucune nouvelle. « Aujourd'hui nous sommes dans notre droit, mais par un manque de moyens financiers nous ne pouvons nous défendre en prenant un avocat de renom. Que faut-il faire pour sauvegarder nos droits ? »

Alerter, oui, mais...

Nous avons contacté plusieurs acteurs impliqués dans cette situation pour tenter d'y voir plus clair, mais à ce jour, il semble que l'on tâtonne dans l'obscurité la plus totale. Et que peut une petite maison d'édition contre des acteurs qui sont situés outre-Atlantique ? En guise de première défense, on lira l'avertissement suivant sur le site : « Certains ouvrages et jeux de Georges MUCHERY sont traduits en plusieurs langues sans accord de l'auteur ni de ses héritiers. Ce sont des contrefaçons!!!! Selon la loi, ceux qui distribuent, vendent ou achètent ces produits sont autant punissables que ceux qui les éditent. Soyez vigilants. »


Mais cela éclaire sans réchauffer. « En 1988, nous en vendions par trimestre entre 50 et 60 exemplaires en version française. Comme il a été copié tant en français qu'en anglais notre édition n'en vend plus. On ne peut pas faire éditer 10 jeux, la contrefaçon nous a enlevé cette vente. Pour une réédition il faudrait une commande de 1000 exemplaires », précisait-elle dans la plainte dont nous avons eu copie.

Quelques traces subsistent

Les différentes preuves attestant de la vente des titres en version anglaise ne manquent pas et un simple lien vers Amazon prouvera que les ouvrages sont encore disponibles. Les sites incriminés en 2007 ne recense plus les ouvrages anglais comme c'était le cas, et l'on ne trouvera guère plus que sur Amazon les traces de ces traductions douteuses. Toutefois, on le voit, même des versions italiennes ont pu être achetées, de même que Mme Genin-Muchery, a pu acheter les versions anglaises du livre.


Aujourd'hui, l'alternative est simple : profiter de tous les moyens de communication possibles pour faire entendre sa voix. Le pot de terre contre le pot de fer ? Il faudra bien un jeu de tarot pour savoir comment cela se résoudra. Aujourd'hui, Mme Genin-Muchery tente de contrer la contrefaçon en empêchant la numérisaiton des ouvrages de son beau-père : Google est averti...