Speak Out : libérer les écrivains emprisonnés

Bouder Robin - 17.06.2017

Edition - Société - english pen - society of authors - écrivains emprisonnés


La Society of Authors et la Publishers Association s'associent à l'English PEN, association d'écrivains du monde entier, pour lancer une campagne d'aide aux auteurs emprisonnés : Speak Out. Le but est de faire cesser les répressions commises envers éditeurs et écrivains, emprisonnés pour leur travail.


Free Raif Badawi!

Free Raif Badawi! - Amnesty Finland (CC BY 2.0)

 

À l'origine de l'initiative Speak Out, deux affaires scandaleuses : d'une part, celle de l'emprisonnement du blogueur saoudien Raif Badawi il y a 5 ans, condamné à 10 ans d'enfermement et 1 000 coups de fouet pour avoir « violé les valeurs islamiques et fait la propagande de pensées libérales ». D'autre part, l'emprisonnement de l'écrivain turc Ahmet Altan, arrêté avec plus de 200 journalistes après la tentative de coup d'État de juillet 2016, qui avait par ailleurs conduit à la fermeture de 29 maisons d'édition.

 

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L'English PEN invite tous ceux qui le souhaitent à participer à l'action de Speak Out, à envoyer des messages de soutien, à signer des pétitions et à s'exprimer auprès des autorités, entre autres. Une veillée aura également lieu tous les mois à l'ambassade d'Arabie saoudite de Londres. Et pour l'épauler, l'association a fait appel à deux nouveaux alliés, qui n'hésitent pas à faire entendre leur voix et leurs revendications.

 


Le président de la Society of Authors, qui n'est autre que l'auteur renommé d'À la Croisée des Mondes Philip Pullman, a demandé publiquement la libération immédiate de Raif Badawi : « Je me joins à nombre de journalistes et d'écrivains, déplorant la décision des autorités saoudiennes d'emprisonner Raif Badawi et de le soumettre à l'invraisemblable punition de 1 000 coups de fouet. Ce n'est pas l'acte d'un pays sage et sûr de lui. Le meilleur moyen de gagner le respect des gens, c'est de le libérer enfin et d'annuler le restant de sa peine. »



 

 

La Publishers Association elle aussi s'implique dans le projet Speak Out, pour défendre les valeurs fondamentales du monde éditorial, mises en péril par de telles oppressions. « La liberté d'expression est l'un des principes fondamentaux sur lequel se basent l'industrie de l'édition et la liberté de publier », comme le rappelle le directeur de l'association, Stephen Lotinga. « Notre communauté continuera de promouvoir ce principe, pour que plus personne ne soit puni à cause d'un travail qu'il aura réalisé ou distribué. »

 

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Fort de ces deux nouveaux soutiens de taille, l'English PEN poursuit donc son combat au nom des écrivains du monde entier, dans l'espoir de se faire entendre et d'obtenir des résultats concrets.

 

Le Centre québecois PEN a également pris part à cette mobilisation. « Le vendredi 16 mai, notre partenaire Amnistie internationale Canada francophone organisait une manifestation pour demander la libération de Raif Badawi et obtenir le soutien du Canada. Le 17 juin 2017, cela fera 5 ans que Raif Badawi est emprisonné. »

 

À titre de coordonnatrice du comité, Germaine Beaulieu a prononcé une brève allocution où elle a sommairement présenté le Centre québécois du P.E.N. international et le Comité Femmes. Elle a surtout fortement  insisté pour réclamer la libération immédiate de Raif Badawi et une intervention urgente du premier ministre Justin Trudeau.

 

Comme le rappelle Amnistie internationale Canada francophone, après plus de 200 vigiles au Québec pour soutenir Raif, les personnes interpellées par la condition de Raif Badawi sont toujours mobilisées! 

 

Raif Badawi, blogueur, a été arrêté le 17 juin 2012 pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression. Il a été condamné à 1 000 coups de fouets en plus de 10 ans de prison suivis de 10 autres années sans pouvoir quitter le pays ni utiliser les réseaux sociaux, le tout en plus d’une amende de 290 000$. D’ailleurs, sa santé a été mise en péril suite à une flagellation publique le 9 janvier 2015.

 

Sa femme et leurs trois enfants sont réfugiés à Sherbrooke.