Stendhal Club : à la Chartreuse et aux épinards

Clément Solym - 08.07.2011

Edition - Société - stendhal - club - dantzig


La chose est amusante, et l'on parlerait presque de résurrection, tant le plus select et fermé des clubs littéraires avait à sa création, fait parler de lui.

C'est en 1880 que le Stendhal Club voit le jour, évoqué dans un article du Mercure de France, daté de septembre 1908.
Il n'est plus guère question que de Stendhal dans les chroniques littéraires des journaux. Stendhal est à la mode. Stendhal est un sujet favori de dissertation. Nos plus éminents critiques, les Paul Souday, les Gaston Deschamps, luttent avec M. Paupe de perspicacité stendhalienne, et M. Bélugou, du Stendhal-Club, les considère avec étonnement.

Ce club, toujours mystérieux pour bien des curiosités, ne l'est plus pour M. Deschamps. Il n'en fait pas encore partie, mais il postule non sans de très sérieuses chances d'admission. Cependant M. Chéramy est-il pour lui ? Tout est là. En attendant, il nous donne du cénacle cette psychologie, qui est peut-être prématuré
et un peu plus loin :
On ne s'ennuie donc pas au Stendhal-Club. On s'y amuse au contraire. Et c'est un avantage que beaucoup de sociétés soi-disant littéraires pourraient envier à ce cénacle de gens d'esprit. On s'y indigne peu, et seulement contre les gens ennuyeux — ces gens qu'un grand seigneur du dix-huitième siècle, le duc de Lauraguais, voulait poursuivre devant le parlement de Paris pour « tentative d'homicide ».

Les sinistres « raseurs » y sont honnis. On aime à y redire celte vérité qu'un jour formula Stendhal, à savoir : que la nation française n'a peur de rien, excepté du bâillement. On y pense que si d'aventure on est obligé de vivre avec des sots ou avec des pédants, on doit se consoler et se divertir en les considérant du côté comique. Quand on mène une vie bête à pleurer, on a toujours la ressource de mourir de rire. Et ce serait, après tout, un genre de suicide tout à fait stendhalien.
Ainsi, Charles Dantzig, Arthur Chevallier, accompagnés de Dominique Fernandez et Benoît Fuchs ont décidé de faire revivre le club. Il faut à l'époque montée alors que l'éditeur de Stendhal, Romain Colomb, était décédé, et que le romancier entrait dans une période noire.


En 1920, le club était dissous, mais ces romanciers nouveaux ont bien pour intention de lui rendre ce qui lui appartient. Ainsi, une revue paraîtra le 23 mars 2012, à l'occasion des 170 ans de la mort de l'écrivain - ainsi que des commémorations, notamment celle de la botte d'épinards, qui sera déposée sur sa tombe chaque année.

C'est que Stendhal avait eu cette phrase : « Les épinards et Saint-Simon ont été mes seuls goûts durables, après celui toutefois de vivre à Paris avec cent Louis de rente, faisant des livres. »


Les statuts de l'asociation sont eux-mêmes évocateurs !

Art. 1 : Le nouveau Stendhal Club a été fondé le 22 juin 2011 par MM. Arthur Chevallier, Charles Dantzig, Dominique Fernandez et Benoît Fuchs, à Paris dans le VIIe arrondissement.

Art. 2 : Aucun autre membre ne peut être admis s'il n'est élu à l'unanimité des membres fondateurs.

Art 3 : Une fois par an, le Stendhal Club dans son entier ira se recueillir sur la tombe de Stendhal, au cimetière Montmartre, et déposera un bouquet d'épinards sur sa tombe. (via l'Express)



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