Stéphane Guillon postule pour la direction de Radio France

Cécile Mazin - 23.01.2014

Edition - Société - Stéphane Guillon - Jean-Luc Hees - Radio France


Oh, qu'il fait fort l'humoriste. Jean-Luc Hees a décidé de se présenter à sa propre succession, pour la présidence de Radio France, mais il va trouver sur sa route un concurrent qu'il connaît bien : Stéphane Guillon. En effet, dans un acte de modernité fort, l'ancien chroniqueur, remercié par les bons soins de M. Hees, a décidé de postuler, et l'annonce sur le réseau social.

 

 

 

Le Canard enchaîné en avait fait part dans son édition du 22 février : la candidature de Hees n'est pas vraiment du goût de tous les membres du CSA, chargé d'examiner les sollicitations... avant de donner son verdict en mars. En effet, l'actuel président du CSA, Olivier Schrameck avait souligné que Hees atteindrait la date limite de fraîcheur, s'il était reconduit. Et c'est pourtant fort du soutien de François Hollande, affirmerait Hees, qu'il a décidé de postuler.

 

 

Siren-Com, CC BY SA 3.0

 

 

L'humoriste, renvoyé avec pertes et fracas, « sans causes réelles ni sérieuses », expliquait son avocat en janvier 2011, avait été indemnisé à la hauteur de 212.000 €. Il avait alors déploré « qu'une société d'État ait préféré perdre autant d'argent et d'auditeurs pour faire taire un humoriste ». Suite à son licenciement, il avait publié un ouvrage, On m'a demandé de vous virer, en juin 2011. 

 

2009. " On m'a demandé de vous calmer ", lâche lors d'une entrevue à Stéphane Guillon Jean-Paul Cluzel, prédécesseur de Jean-Luc Hees à la présidence de Radio France. La fin de la récré semble avoir sonné pour l'humoriste. Pourtant, n'épargnant ni le gouvernement ni l'opposition, le trublion des ondes ne se calme pas et continue, du lundi au mercredi, à 7h55, de captiver 2 millions d'auditeurs.
23 juin 2010. Aux alentours de 8 heures, il y a ces mots qui résonnent aux 4 millions d'oreilles des fidèles de la matinale de France Inter : " Merci à tous, du fond du coeur, vous allez me manquer. " Suivis d'une salve d'applaudissements en studio. " France Inter. Fini de rire ", titre en une dès le lendemain le quotidien Libération : Stéphane Guillon et Didier Porte, deux des animateurs phare de la station, ont été remerciés. D'abord par l'élégante voix de la presse, puis par un recommandé signé de la main de Philippe Val. " France Inter : une radio de gauche qui licencie comme la pire des entreprises de droite ", lance Guillon.
Comment expliquer, si ce n'est en invoquant le spectre gouvernemental, l'éviction d'un homme qui, à lui seul, a fédéré deux ans durant plus de 2 millions d'auditeurs chaque jour ? La France est outrée et ses acteurs politiques (François Bayrou et Martine Aubry, pour ne citer qu'eux) s'insurgent et dénoncent une volonté de briser le débat démocratique, une atteinte violente à la liberté d'expression.
Dans ce second volume réunissant les chroniques de Stéphane Guillon diffusées entre septembre 2009 et juin 2010, on retrouve l'écriture affûtée et ce brillant sens de la formule par lesquels Stéphane Guillon s'est fait connaître, haïr et célébrer. Sur le ton de l'animateur de supermarché, il criera à la cantonade, en prélude à son ultime chronique, " Tout doit disparaître ! ", " Liquidation totale des humoristes ! ". On sait pourtant à quel point, plus que jamais, l'époque et la nation ne se passeront plus du génie doublé d'humour qu'il incarne.

 

 

À Libération, il confirme que sa candidature est sérieuse, et qu'il a déjà été reçu par le CSA, ayant présenté CV, lettre de motivation et sourire de circonstance. « C'est bon enfant, mais j'ai envie d'aller jusqu'aux auditions. Je vais partir en campagne… », assure-t-il. Il lui faudra encore présenter un projet stratégique pour la deuxième quinzaine de février, afin de passer les auditions nécessaires au recrutement. Et promis, s'il est pris : « Je garde tout le monde, Hees et Val aussi, bien sûr. Ma candidature, c'est un acte d'amour. »

 

 

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