Stephen King : “En écriture, la politique ne devrait pas primer sur le reste”

Bouder Robin - 11.08.2017

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S'il y a bien un auteur que l'on voit partout en ce moment, c'est incontestablement le maître du fantastique et de l'horreur en littérature. Stephen King en librairie, Stephen King au cinéma, Stephen King à la télé... L'Américain on ne peut plus occupé, s'est confié à USA Today : ses projets futurs et en cours. Où l'on apprend que King est fan de Christie, ne veut pas que la politique empiète sur son imagination et a aimé Ça.

 

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Stephen King, 2011 - Stephanie Lawton (CC BY 2.0)

 

 

Entre La Tour Sombre sorti dans les salles mercredi, la série Mr. Mercedes qui débarque cette semaine sur les écrans et Pennywise le clown sympathique qui (re)viendra hanter nos cauchemars le mois prochain, l'été 2017 est le mois de Stephen King.

Les projets d'adaptations se bousculent au portillon et les livres sont des best-sellers avant même leur sortie. Pourtant, il y a à peine 3 ans, l'auteur craignait encore de décevoir ses lecteurs et de ne pas être le « mec effrayant » que son public attendait qu'il soit.

 

Du Hitchcock, mais pas de politique en écriture

 

« J'ai eu ce débat intérieur : "Une minute, tu as la soixantaine. Tout va bien financièrement, ce n'est pas comme si tu étais obligé d'écrire un type d'histoire en particulier pour nourrir ta famille. Est-ce que tu vas y arriver, ou te défiler ?" » déclarait-il, à l'occasion de la sortie de Mr. Mercedes en 2014. Le 9 août dernier, la série adaptée du roman est arrivée à la télévision avec un casting de choix composé de Brendan Gleeson et Harry Treadaway : un succès presque annoncé.

 

Il n'y avait finalement aucune raison de s'en faire, puisque King a appris l'écriture auprès des plus grands maîtres du genre : Agatha Christie, qui l'a accompagné lorsqu'il avait 12 ans, et plus tard, Hitchcock, qui l'a notamment inspiré pour Mr. Mercedes. « J'ai essayé de faire quelque chose à la Hitchcock, où l'on sait déjà tout alors que les personnages ne savent rien. Ce n'est pas un whodunit, c'est un jeu des sens avec des questions de vie et de mort. »


En revanche, pas question de laisser transparaître dans son écriture la moindre idée politique ou moralisatrice, ce qu'on pourrait craindre de la part d'un auteur qui passe son temps à basher Trump sur Twitter avec son amie J.K. Rowling. « Dans une histoire, on devrait toujours mettre un peu de soi, de sujets de société ou de politique, mais ça ne devrait pas primer sur le reste », déclare-t-il. King refuse ainsi de devenir « Upton Sinclair ou George Orwell et [d'] écrire des romans qui sont en fait des polémiques ou des idées politiques à peine déguisées ».

De l'art de teaser ses adaptations

 

Pour ce qui est des adaptations de ses livres, King exprime toute sa joie et son excitation – il semble en tout cas plus satisfait que pour le film Shining de Kubrick, qu'il avait détesté. L'auteur a ainsi adoré la nouvelle adaptation de Ça, « extraordinaire » selon lui : « Je pense que les gens vont aimer ce film à plein de niveaux différents. » Il évoque aussi les adaptations Netflix de Jessie et sa nouvelle 1922, qu'il juge très bonnes.
 

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Mais le projet le plus mystérieux dont parle l'écrivain est sans nul doute la prochaine production de J.J. Abrams, Castle Rock, anthologie qui reliera de nombreux romans de King d'une manière encore incertaine. L'auteur affirme ne pas participer à son écriture mais être en contact permanent avec Abrams, avec qui il a échangé quelques idées.

Voir toutes ses créations utilisées par d'autres le réjouit, avec une once de stress, néanmoins. « C'est un peu comme quand vous envoyez vos enfants à l'université. Voilà ce que j'ai fait pour vous, je vous ai bien élevés, j'espère maintenant que tout ira bien pour vous et que vous ne rencontrerez pas de problèmes. »
 

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En attendant d'en apprendre plus, les lecteurs anglophones pourront retrouver son nouveau roman, Sleeping Beauties, dès la fin septembre ; un texte initié par son fils Owen et écrit avec lui. Et comme King ne s'arrête jamais, un autre livre sur lequel il refuse de dévoiler quoi que ce soit devrait paraître l'an prochain...

Le roi de la terreur ne compte pas nous lâcher de sitôt, et tant mieux.



Via USA Today