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Stephen King : “Nous avons oublié ce que c’est d’être un enfant”

Clément Solym - 27.12.2016

Edition - Société - Stephen King enfance - horreur monde connexion - roman écriture peurs


Évidemment, pour écrire les romans qu’il produit, on ne peut que se demander quelle fut l’enfance de Stephen King. Cependant, de son propre aveu, cette période de la vie ne lui fut pas particulièrement tumultueuse. Dans une conversation de 1989, il racontait cette relation essentielle avec l'enfance qu'il entretient dans sa propre créativité.

 

 

 

Tout a débuté par une promenade dans son quartier et cette petite fille sur le rebord du trottoir, en train de parler à des amis imaginaires, et de dessiner dans la boue par terre. « J’ai alors pensé que, vous voyez, si j’avais agi de la sorte, quelqu’un serait passé, il aurait dit qu’un adulte était assis dans cette crasse, en train de se parler à lui-même, avec des gens qui n’étaient pas là, et dessinant avec un bâton – ce qui est remarquablement proche de ce que je fais pour vivre, ce pour quoi les gens me payent. » 

 

C’est comme cela que l’intérêt pour l’enfance s’est développé dans son esprit. « La première chose, c’est qu’il y a un monde secret qui existe, avec ses propres règles, et qui vit avec sa propre culture. Le second point, c’est que nous avons oublié ce que c’est d’être un enfant et quel type de vie fascinante et étrange cela peut être : c’est ce qui m’intéresse véritablement. »

 

Le papa de Gaston Lagaffe, Franquin, ne disait-il pas qu’un adulte, « c’est un enfant qui a mal tourné »

 

Cette enfance, si merveilleuse à bien des égards et enfouie, est devenue un moteur de création pour Stephen King. « J’ai établi cette connexion facile entre l’enfance et des puissances étranges, des pouvoirs paranormaux, et d’autres choses, et cela a parfaitement fonctionné, comme une sorte d’appareil à fiction. » Et cela a donné des livres...

 

Les clowns maléfiques, “faut se calmer les gars”, intervient Stephen King 

 

L’adulte, poursuit King, est une personne qui a pris conscience qu’elle allait mourir, d’un point de vue intellectuel. Mais pas vraiment ni émotionnellement ni spirituellement. On peut le comprendre, mais pas vraiment l’intégrer, estime-t-il, au niveau de nos émotions.

 

Et dans cette littérature d’horreur, « les choses qui nous effraient vraiment sont celles qui se déroulent en dehors de la lumière, là où il ne nous est pas possible de voir correctement ce qui se passe ».  Tout l'entretien est illustré par des dessins très explicatifs.

 

Pour qui éprouverait des difficultés à comprendre, il est possible d’activer les sous-titres en anglais.