Stephen King rhabille “les vieux grincheux” qui se plaignent du Nobel de Dylan

Cécile Mazin - 09.12.2016

Edition - International - Stephen King Nobel - Bob Dylan Suède - récompense Nobel littérature


Assurément, Stephen King a peu de chance d’un jour figurer parmi les candidats au Nobel de littérature. On peut le rêver, certainement, mais le doute persiste. Déjà, la nomination de Bob Dylan a généré des vagues de critiques plus ou moins acerbes... que le King vient de balayer d’un revers de manche.

 

Bob Dylan - Nobel littérature stephen King

Mikko Tarvainen, CC BY ND 2.0

 

 

La première rencontre de King avec Dylan se déroula lors d’un concert du second, alors que le premier travaillait sur The Shining. C’était en 1975, et le souvenir d’un Dylan au visage maquillé de blanc lui reste en mémoire. Et depuis, le romancier est resté grand fan de la musique de Bob. Apprendre, durant son petit-déjeuner précise-t-il, que l’Académie avait récompensé le chanteur fut une grande joie.

 

Les premières notes, pourtant, c’est dans sa voiture qu’il les entendit. « C’était comme d’être électrisé. C’est comme une déferlante sous pression de paroles et d’images », se souvient Stephen King. Cette toute première chanson, c’était « Subterranean Homesick Blues ». « De la poésie dans le sens où elle n’a pas de trame narrative. Ce qu’il a fait, c’était de tout éplucher et de vous laisser avec de l’émotion pure. Ça m’a totalement transporté. »

 

 

 

Une véritable tempête dans le crâne du maître de l’horreur, plutôt enclin à coller des décharges à ses lecteurs. Et le voici remonté contre les protestations entendues : « Les gens qui se plaignent de son Nobel, soit ils ne le comprennent pas soit ce sont simplement un vieux paquet de grincheux. »

 

Et d’expliquer que lui-même n’a jamais rencontré Dylan, mais a souvent eu des conversations avec un ami proche sur le chanteur. « J’ai vu plusieurs écrivains littéraires qui lui ont tourné le dos [après l’attribution du Nobel], comme Gary Shteyngart. Eh bien, Gary, j’ai une info pour toi : il y a beaucoup d’écrivains méritants qui n’ont jamais obtenu le prix Nobel. Et Gary Shteyngart sera probablement l’un d’entre eux. Ce n’est pas une remarque sur son travail. Vous devez monter au niveau d’un Faulkner quand vous êtes Américain. »

 

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Aujourd’hui, le King est tranquille : « Mes enfants écoutent Dylan, et mes petits-enfants aussi. Cela fait trois générations. C’est une véritable longévité et un gage de qualité. La plupart des gens dans la musique pop sont comme des papillons autour d’une ampoule : ils volettent un certain temps, puis il y a un flash lumineux, et ils disparaissent. Pas Dylan. »

 

via Rolling Stone