Stephen King sait les Oscars toujours "truqués en faveur des blancs"

Clara Vincent - 29.01.2020

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Membre de l’Académie des Oscars, Stephen King s’était attiré les foudres des internautes pour avoir affirmé que les considérations ethniques, de genre, ou d’orientation sexuelle ne devaient pas entrer en ligne de compte dans son choix d'électeur. « Je ne considérerai jamais la diversité en matière d’art. Seule la qualité. Il me semble que faire autrement serait une erreur », indiquait-il alors sur son compte Twitter. Suite à la controverse que ces propos avaient déclenchée sur le réseau social, l’auteur a signé une tribune publiée dans le Washington Post où il revient plus amplement sur sa position. 
 
 
 
Photo Facebook - @OfficialStephenKing

Alors que la sélection des Oscars 2020 a été pointée du doigt pour faire preuve de discrimination à l’endroit de communautés souffrant d'un manque de représentativité dans la société, Stephen King avait estimé pour sa part que la question de la diversité ne devait pour autant constituer un critère déterminant la qualité d’une œuvre. 

Cette position avait interloqué nombre d’internautes et déçus certains de ses fans, comme l’écrivaine Roxane Gay, qui indiquait à l'auteur américain qu’une telle position n’avait plus lieu d’être, et qu’il était temps de mettre fin à la domination exercée par une seule catégorie de personnes dans le milieu des arts et de la culture. « La qualité est partout, mais la plupart des industries ne croient en la qualité que d’un seul groupe démographique » analysait-elle dans un tweet
 

Les réseaux sociaux, terrain miné d'opinions polarisées


Dans sa tribune, Stephen King se défend d’avoir voulu remettre en cause une telle réalité, et concède au contraire  que des progrès sont encore à faire en termes d’égalité. « Nous ne vivons pas dans ce monde parfait, et les nominations aux Oscars moins que diversifiées de cette année le prouvent une fois de plus », écrit-il.

Mais ce dont l’auteur semble se désoler avant tout dans son texte est l'amplification disproportionnée à laquelle peut donner lieu le tribunal médiatique des réseaux sociaux. « Les discussions sur les arts et la culture, comme les discussions sur la politique, sont devenues de plus en plus acrimonieuses et polarisées ces dernières années. Les lignes de croyance sont tracées à l’encre indélébile, et si vous les franchissez — consciemment ou non — vous vous retrouvez pris en tenaille par les médias sociaux […]. » 

Prenant ainsi le parti de s’engager dans la voie d’un débat plus apaisé, Stephen King tient malgré tout à rappeler que des progrès ont été faits dans l’industrie du cinéma en matière d’égalité ces dernières années, notamment au sein de l'Académie des Oscars. Et bien que n’étant pas encore suffisants, ils ne pouvaient être négligés. « Il y a seulement huit ans, 94 % des 5 700 électeurs [de l’Académie des Oscars] étaient blancs, selon le Los Angeles Times, 77 % étaient des hommes et 54 % avaient plus de 60 ans. Cette année, les femmes représentent 32 % des électeurs (seulement 1 % par rapport à l’année dernière) et les membres des minorités représentent 16 % du total. »  
 

La qualité artistique comme seul critère


« Donnez-leur le mérite d’avoir essayé de rattraper leur retard... mais pas trop de crédit », poursuit-il, se montrant bien conscient quelques lignes plus loin que le jeu n'en reste pas moins encore « truqué en faveur des blancs ».

Aussi Stephen King conçoit-il que les évolutions en termes d’égalité et de diversité soient perçues comme encore trop lentes, accusant d'un certain décalage vis-à-vis de la rapidité des échanges permis depuis l'arrivée d'Internet et des réseaux sociaux. Mais il n’en reste pas moins convaincu que cela serait encore plus désolant si le jugement des œuvres devait en venir à se fonder sur d'autres critères que celui de la seule qualité artistique. 

« Juger le travail de quiconque par rapport à une autre norme est insultant [...]. », estime-t-il, réaffirmant ainsi sa position initiale, soit celle-là même que sa réaction sur Twitter signifiait « en substance ». A savoir « que ceux qui jugent l'excellence créative devraient être aveugles aux questions de race, de sexe ou d'orientation sexuelle.»  
 

« L’excellence créative vient de chaque marche, couleur, croyance, genre et orientation sexuelle, et elle est rendue plus riche et plus audacieuse et plus excitante par la diversité, mais elle est définie par l’excellence », conclut l'auteur. 


Source Washington Post 


Commentaires
Je sais pas trop... mes Oscars seraient : Little Women / Bong Joon-ho / Leonardo DiCaprio / Scarlett Johansson / Brad Pitt / Noah Baumbach / Greta Gerwig / Parasite / Toy Story 4.
Pour ceux qui se demandent ce que peut bien vouloir dire "L’excellence créative vient de chaque marche" le texte original dit



"Creative excellence comes from every walk, color, creed, gender and sexual orientation, and it’s made richer and bolder and more exciting by diversity, but it’s defined by being excellent"



Et nous renverrons au Robert & Collins

■ people from all walks or every walk of life : des gens de tous (les) horizons



Nous sommes bien loins de l'excellence en traduction...
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