Stieg Larsson, détective privé, aurait démasqué l'assassin d'Olof Palme

Antoine Oury - 25.02.2014

Edition - Société - Stieg Larsson - Olof Palme - meurtre


Le 28 février 1986, le ministre suédois Olof Palme était abattu en pleine rue, alors qu'il exprimait depuis plusieurs mois toute son opposition au régime de l'apartheid en vogue en Afrique du Sud. Quelques semaines plus tard, un criminel notoire était arrêté pour ce meurtre, avant d'être relâché par manque de preuve. Beaucoup avaient qualifié ce crime de politique, sans que l'implication des dirigeants ait pu être prouvée. L'écrivain Stieg Larsson aurait transmis à la police suédoise des documents permettant de prouver leur culpabilité.

 


Sveavägen, Olof Palme

Plaque à la mémoire d'Olof Palme (Bernt Sønvisen, CC BY 2.0)

 

 

Ce sont visiblement quinze boîtes de documents divers, principalement des recherches personnelles menées par Larsson, qui auraient été transmises par l'écrivain à la police suédoise, pour être versées au dossier. Ce dernier est de taille, puisque le Guardian, qui révèle l'information, compare l'assassinat d'Olof Palme, à deux reprises ministre d'État dans sa carrière politique, à celui de John Fitzgerald Kennedy.

 

Palme était connu pour ses prises de position courageuses : il provoqua ainsi une rupture des relations diplomatiques avec les États-Unis au moment de la guerre du Vietnam, en participant personnellement à une manifestation contre le conflit. Sans parler de son opposition formelle à l'apartheid sud-africain, qui lui valut probablement d'être assassiné, même si l'affaire est toujours en cours. La piste de l'assassin solitaire est toujours étudiée, même si une condamnation à la va-vite peu après l'affaire avait finalement été annulée.

 

De nombreux Suédois, choqués par le meurtre d'un homme politique très apprécié, s'étaient emparés personnellement de l'affaire, menant des enquêtes individuelles qui menèrent parfois à des hypothèses complotistes farfelues. L'écrivain Stieg Larsson lui-même a revêtu son imper de détective, et affirmait que les documents en sa possession prouvaient l'implication de Bertil Wedin, membre des services secrets suédois, dans l'assassinat. 

 

Ce n'est pas la première fois que Wedin est mis en cause : en 1996, il avait déjà été identifié comme assassin de Palme, mais également comme terroriste à l'origine de l'attentat visant le bureau de l'African National Congress à Stockholm, en 1986. Faute de preuves, ces accusations n'ont jamais pu aboutir. Wedin, de son côté, dément formellement avoir été à l'origine de l'assassinat, et affirme même que les commanditaires le visaient lui aussi, et avaient pour but de lui faire porter le chapeau.

 

Kerstin Skarp, en charge de l'affaire a toutefois précisé que Wedin « ne fait en aucun cas parti des suspects que nous suivons en ce moment ».