Stop Amazon : un Black Friday vraiment noir s'annonce

Victor De Sepausy - 15.11.2019

Edition - Economie - Amazon Black Friday - emplois environnement - boycott amazon


Le vendredi 29 novembre sonneront les cloches du Black Friday. Importé des États-Unis à l’occasion de Thanksgiving, le Black Friday est un grand jour de soldes qui ouvre la saison des achats de fin d’année. Coordonné par le collectif Attac, une tribune, déjà signée par de nombreux universitaires, auteurs ou acteurs de la chaîne du livre, appelle à un boycott de la plateforme. 
 
Daniel Lee CC BY-ND 2.0

Sous le titre de "Stop Amazon et son monde", la pétition se donne pour objectif de renverser le Black Friday, désigné comme un « évènement clef d’un capitalisme féroce et d’une ode à la surconsommation [ayant] des conséquences environnementales, sociales et fiscales dramatiques », en une période de mobilisation citoyenne. Et de rebaptiser le Black Friday, en un « Vendredi Noir pour Amazon ». 

Et les signataires ne sont pas des moindres : on y retrouve des auteurs tels qu'Alain Damasio ou Patrick Chamoiseau, mais aussi des enseignants et chercheurs, ou encore des éditeurs, ainsi que la vice présidente du SLF (Syndicat de la librairie française), tout autant que des libraires indépendants.

Dans le texte joint à la pétition, les signataires reviennent sur les différents aspects qui à leurs yeux font de la firme dirigée par Jeff Bezos un « héros du néolibéralisme 2.0 » qu’il est grand temps de combattre. 

Car « le Black Friday est un des vecteurs de la stratégie de prix cassés et de vente à perte qui a permis à Amazon de devenir le premier distributeur de textile et d’électronique en France», dénoncent-ils. 

Premier point: les conditions de travail autant intenables qu’inacceptables auquel le géant soumet ses employeurs. Les signataires pointent du doigt la stratégie, du nom de « day one », adoptée par la firme, qui consiste à maximiser les cadences de préparations des commandes et contraint ses livreurs à une course sans fin, et déshumanisée.
 

On estime que pour un emploi créé par la firme de Jeff Bezos, deux emplois sont détruits dans le secteur commercial. Les salariés d’Amazon, dont de nombreux intérimaires, enchaînent des tâches cadencées par les algorithmes de leurs scanners. Dans ses nouveaux entrepôts, ils deviennent des auxiliaires de 100 000 robots de préparation des commandes. Et, bientôt, les livreurs, déjà nombreux à être ubérisés, pourront être remplacés par des drones. 


En plus de représenter une menace sur le marché de l'emploi et de contribuer au délitement du lien social, le système économique sur lequel repose Amazon, ne peut qu'être bon, selon eux, à accroître les disparités. Ils rappellent en effet la pratique de détournement fiscal auquel la multinationale se livre sans vergogne.
 
Mais le désastre ne s’arrête pas là. Comme le pointe le texte, les méfaits engendrés par la vaste entreprise de e-commerce se répercutent non seulement sur la société, mais aussi sur la planète. Un système qui, en somme, pose de sérieux problèmes tant au niveau éthique qu’écologique :
 

 Ses prix bas, ses promotions quotidiennes poussent à la surconsommation et contribuent à la hausse des émissions de CO2 en démultipliant l’extraction des ressources, les transports par bateaux, avions ou camions. Amazon Web Services (AWS) est également numéro un mondial du cloud et ses data centers, ont généré autant de gaz à effet de serre que le Portugal en 2018. AWS fournit ses services à Palantir, une société sulfureuse qui aide Donald Trump à identifier et arrêter des migrants traversant illégalement la frontière. 


Par cet appel visant à mettre fin à l’hécatombe vers laquelle conduiraient les pratiques d’Amazon, les signataires invitent tout un chacun, y compris sur les réseaux sociaux avec #VendrediNoirpourAmazon, à se mobiliser afin de «  ne plus laisser Amazon balayer d’un revers de main les droits sociaux et environnementaux ».

Une mobilisation qui enjoint à prendre ses propres responsabilités en tant que consommateur, et citoyen.  

Pour consulter la tribune, c'est ici
 


Commentaires
Je viens de voir que mon message à été tronqué " on trouve dans 99 " je vais donc le finir : on trouve dans 99 %s cas un écrasement du petit commerce par une avalanche de taxes et impôts sans compter une réglementation excessive. En prime il faut différencier petit commerce citadin dans une ville ayant une population que l'on qualifier d'importante, d'un village de 2000 habitants. Quid également de la possibilité de payer en 4 fois chez Amazon alors que petit commerces, il faut payer tout et tout de suite. Il nous faut donc une véritable analyse comparative !
Bonjour ,

Je suis Libraire de livres anciens / Modernes d'occasion ou plus rare ; Ville de 17000 habitants , Aglo 24000 habitants en province mais pas au milieu de nulle part . Livres de poches récents en bon état 2€ ; livres d'enfants type école des loisirs 3€ - littérature française et étrangère entre 5 et 20 euros . Bien sur des ouvrages plus rares et donc plus chers . Mais nous avons toujours fait attention de ne pas faire fuir le client avec des ouvrages d’exception que nous réservons pour les salons spécialisés . Ouverture de la librairie 7 demi journées par semaine . Résultats des courses cette semaine écoulée ZERO euro de chiffre d'affaire ... Bonne blague non ? Ils se réservent tous pour le Vendredi Noir !!Ici c'était semaine Noire ....
On a trouvé le bouc émissaire de la pollution. On désigne Amazon comme la source de nombreux maux. La source des problèmes c'est la législation, pas les entreprises comme Amazon.
oh ohj avais besoin d Amazone souffrant d un handicap physique sur Amazone je trouve tout sans me deplacer du savon au chaussures je n achete que le necessaire merci Amazone
OK, les maisons d'édition et les autres acteur de la chaine du livre ont tous répondu présents à l'opération. Tous ? Y compris les autoédités qui n'ont qu'Amazon pour publier leurs romans parce que les libraires qui ne les snobent pas sont trop rares ?
super article grâce a ça j'ai pu compléter le questionnaire en ses.

Merci beaucoup actualité grin raspberry cool mad LOL
Le passage sur AWS et Donald Trump me fait bien rire. Faut arrêter le délire messieurs dames. Vous pouvez supprimer ce passage ça vous discrédite.
<>



Pour le côté écologique je suis d'accord mais la fin du texte est de trop. Ce n'est pas en faisant de l’ingérence et du sentimentalisme humanitaire que vous allez pousser les gens a ne plus acheter sur Amazon rolleyes Surtout que les Mexicains illégaux sont quand même assez éloignés des priorités des Français je pense LOL
« Amazon répond à la demande Française ou plus généralement globale » dites-vous ? Quel aveuglément : Amazon - et ses pairs dans ce domaine, tels que Facebook ou Google (qui a abandonné sa devise « Don't be evil », ils sont au moins réalistes) - INCITE à la surconsommation, c'est de l'addictologie.



Oui, on peut évidemment y acheter le nécessaire (et ils se servent de cet argument pour prouver leur « utilité sociale »), mais combien d'achats sont compulsifs, encouragés par les publicités permanentes, les promotions ("promotions", devrais-je écrire avec guillemets, quand on voit par exemple un produit identique trois fois plus cher chez Amazon qu'ailleurs) et fondamentalement inutiles ou rendus nécessaires par l'obsolescence programmée qui raccourcit leur durée de vie ?



Le concept de la "société de consommation" ne peut mener qu'à la société de surconsommation : c'est le propre (sale) de l'homme (et pas de l'animal, qui ne consomme en général que ce qui lui est vraiment nécessaire). Ce n'est pas un constat récent, que ce soit chez des sociologues ou philosophes (à l'instar de Jacques Ellul) ou chez les écrivains (par exemple la fascinante nouvelle dystopique "The Captive Audience" d'Ann Warren Griffith, qui décrivait en 1953 l'omniprésence obligatoire de la publicité et ses conséquences).
Comme a dit qqn plus haut, les achats sur internet sont une solution pour ceux qui souffrent d'agoraphobie dans les métropoles. Ou pour ceux qui sont isolés, malades. Aller dans les centres comm bondés et bruyants est un enfer. La Black Friday incite aux achats inutiles et compulsifs, certes, mais vouloir détruire Amazon ou d'autres plateformes de vente en ligne est une solution extrême.

Je suis plus furieuse contre la boutique du coin où une tasse coûte 25€ (et je ne peux pas me la permettre) que contre Amazon. Il faut que chacun puisse vivre 😀
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