Suicide à la BnF : comment surveiller les 5 hectares de l'esplanade ?

Nicolas Gary - 28.10.2019

Edition - Bibliothèques - suicides BnF - prévention suicide établissement - établissement public sécurité


Un nouveau drame est survenu ce 30 septembre, annonce le syndicat Sud Culture Solidaire, à la BnF. Un suicide, où une personne s’est lancée depuis l’esplanade François Mitterrand, vers le jardin. C’était en milieu d’après-midi : le syndicat exhorte la direction à « agir au plus vite ». Et cette dernière indique avoir déjà mis en place plusieurs mesures.

BnF : Bibliothèque nationale de France
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Au cours des dernières années, plusieurs suicides ont été recensés dans l’établissement : en 2014, un étudiant de 23 ans, mettant en lumière que plusieurs espaces du bâtiments manquaient de sécurité. A cette époque, c’est le FSU qui avait tiré la sonnette d’alarme. 

Si l’on réclamait à l’époque des filets de sécurité, la direction indiquait qu’une pareille approche était inenvisageable. Que ce soit en raison de la superficie à couvrir ou du concept architectural, l’idée était exclue. 

Or, pointait le FSU en avril dernier, une nouvelle tragédie était recensée : certes, le haut de jardin est équipé de parapets et d'une avancée pour éviter les sauts et les chutes, mais ces équipements de sécurité sont insuffisants, expliquait le syndicat à ActuaLitté. Et un suicide de plus survenait.
 

Responsabilité à prendre


Dans son communiqué du 28 octobre, Sud Culture Solidaires rappelle qu’une chute accidentelle était également survenue en juin dernier. Soulignons que pour cette dernière, il semblerait qu'il s'agisse d'un groupe de jeunes, venus de nuit, et ayant peut-être abusé de l'alcool. Toutefois, depuis septembre 2015, « nous déplorons la triste moyenne d’une chute volontaire ou accidentelle par an », note le syndicat. 

Or, ajoute-t-il, « la direction de la BnF est bel et bien responsable de la sécurité et de la santé des personnes qu’elle accueille, tout comme de la santé de celles et ceux qui y travaillent ». Et nul doute que d’assister à un suicide de cette manière peut avoir quelque chose de traumatisant pour les agents de l’établissement, de même que pour le public. 

Comment la direction compte-t-elle oeuvrer pour « empêcher toute chute depuis cette esplanade », interroge-t-on ? Le syndicat pointe aussi « le déficit procédural et la gestion désordonnée et inappropriée de ce drame ». Et en dernier lieu, reproche à la direction « de repousser la question à plus tard, arguant de contraintes budgétaires soi-disant insurmontables, ou architecturales puisque Dominique Perrault s’oppose à toute modification de son œuvre, donnant priorité à l’esthétique sur la sécurité des personnes ».
 

Intervention des pompiers et prise en charge


Contactée par ActuaLitté, la direction de la BnF apporte quelques précisions : confirmant le suicide du 30 septembre, elle souligne que les pompiers sont intervenus 5 minutes après l’accident et 3 minutes après son signalement. 

Par ailleurs l’évacuation des salles s’est déroulée en deux temps : « Tout d’abord, l’établissement d’un premier périmètre, pour permettre aux pompiers d’intervenir. Ensuite, est venue l’évacuation des salles de lectures à proximité, lesquelles n’ont pas été rouvertes. À l’issue, un accompagnement des lecteurs à leurs places pour récupérer leurs affaires personnelles a été mis en place. Lesdits lecteurs ont été installés dans d’autres salles. »

Bien entendu, le médecin de la BnF a été dépêché , et une cellule medico-psychologique instaurée « aussitôt après cet événement pour accueillir immédiatement les premiers agents qui se sont présentés ». Priorité alors fut donnée « par le service de la médecine de prévention et la psychologue à cet accueil d’urgence des personnes témoins ou choquées. Cette disponibilité et la qualité des consultations ont été soulignées par les agents concernés ».

Enfin, « le président du CHSCT et le directeur de l’administration et du personnel ont rencontré les témoins directs et premiers intervenant de cet événement tragique pour les entendre et les assurer du soutien de l’établissement ». Un encadrement difficile à contester, suivi, lors du dernier CHSCT, d’un point spécifique.

À cette occasion, la direction « a informé qu’une analyse collective de la situation et de sa gestion avait été réalisée ». Des améliorations interviendront en effet à deux égards. Le premier concernant l’organisation des « circuits d’information et de décisions concernant l’impact sur le service public ». Le second, portera sur l’accompagnement des agents « tout particulièrement ceux qui exercent des missions d’accueil et de sûreté, dans leur communication avec le public et en interne ». 
 

Cinq hectares à surveiller...


Concernant les mesures de prévention, la BnF rappelle quelques évidences : « Une étude a eu lieu en 2017. Il faut rappeler que l’esplanade de la BnF fait 5 hectares et que les mesures de sécurité sont complexes et les solutions forcément complémentaires et croisées. » 

Ainsi, en octobre dernier, la direction a demandé à l’agence responsable de la signalétique d’installer des panneaux spécifiques. Elle s’est également adjoint « les compétences d’un psychologue spécialiste des questions de préventions du suicide. Les différentes études en la matière semblant montrer l’efficacité de ces dispositifs ».

Il a également été demandé à l’agence DPA, Dominique Perrault Architecture, « une étude de faisabilité sur la modification structurelle des garde-corps du jardin-foret ». 


Commentaires
"Il a également été demandé à l’agence DPA, Dominique Perrault Architecture, « une étude de faisabilité sur la modification structurelle des garde-corps du jardin-foret ». "



Qu'en est-il des règles de mise en concurrence pour les commandes publiques ? Ma question n'est pas ironique : il semble que le cabinet Perrault ait également été seul contacté pour n aménagements successifs du Hall Est. Etre l'architecte initial constituerait une exception aux règles ?
FSU = Fédération syndicale unitaire ; donc nom féminin...
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