Suisse : entre La Poste et Amazon, bientôt plus d'accords secrets ?

Nicolas Gary - 21.05.2019

Edition - Economie - Poste Amazon - Suisse cybercommerce - égalité concurrence


L’arrivée d’Amazon en Suisse ne s’est pas tout à fait passée comme prévu : en novembre 2017, alors que l’Américain passait des accords avec La Poste suisse, les sourcils se levaient, intrigués. Avec le temps, le mystérieux accord entre les deux acteurs est devenu un sujet sensible. Et le Conseil fédéral vient justement de changer son fusil d’épaule.

Suisse dangers prudence
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

À l’initiative d’Olivier Feller, conseiller national vaudois (droite libérale, PLR) et du PDG des librairies Payot, Pascal Vandenberghe, la question de la venue d’Amazon — mais plus spécifiquement des accords passés avec La Poste — était devenue un véritable combat. 

Les deux hommes avaient tenté d’obtenir du Conseil fédéral qu’une enquête soit ouverte, pour définir comment les entreprises étaient liées, mais avaient été renvoyés aux alpages en mai 2018. La Commission de la concurrence, pas plus que la Commission fédérale n’avaient vu le diable, pourtant souvent logé dans les détails.

« C’est un retournement complet. J’y vois la patte de Simonetta Sommaruga, la nouvelle ministre du Département fédéral de l’environnement, des Transports, de l’Énergie et de la Communication », indique Olivier Feller à 24 heures

L’objet des demandes répétées des deux hommes portait sur le respect et l’égalité du traitement que La Poste aurait pu réserver à Amazon, au détriment des autres plateformes marchandes. Or, ni la Commission fédérale ni PostCom n’avait originellement vu ni envisagé aucune malversation.

Sauf que l’on avait probablement demandé aux mauvais auditeurs d’auditer : en effet, dans un courrier à PostCom, justement, le conseiller national découvre que la Commission fédérale n’était pas habilitée à procéder aux contrôles nécessaires. Un vide juridique qui pèse lourd, en somme. 
 

Entre TVA et petits accords


En mars dernier, une motion est déposée, pour revenir à l’assaut : le Conseil fédéral l’accepte, du bout des lèvres, et voici donc que le contrat entre La Poste et Amazon sera bel et bien passé au crible — à condition que le Parlement valide. 

C’est que les motifs de préoccupations ne manquaient pas : « Une réforme de la TVA devait entrer en vigueur au 1er janvier 2018, mais La Poste a décidé qu’elle repoussait son application. Doit-on y voir une tentative de cadeau fait à Amazon pour l’ouverture de son site en 2018, et donc un avantage concurrentiel possible ? », demandait le PDG des librairies Payot.  

Il semblerait que le changement d’interlocutrice, passant de Doris Leuthard, qui a quitté le gouvernement, à Simonetta Sommaruga, aura modifié les jeux politiques. La première, assure Olivier Feller, apportait un soutien inconditionnel à La Poste. 

En décembre 2018, on apprenait que, finalement, Amazon.com, la version américaine, n’allait pas vendre autre chose en Suisse que des applications et des ebooks. Les autres plateformes – UK, FR ou DE – continuent de livrer le territoire en revanche. « L’Américain est-il aussi demandeur que La Poste, que de développer ce marché ? La Suisse romande est un tout petit marché, le territoire alémanique est plus attractif, mais reste mince », s’interrogeait Pascal Vandenberghe, dans les colonnes de ActuaLitté. 

Reste à voir quel pont doré La Poste aurait pu lui aménager…


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