Suivez le guide : Beigbeder veut tuer Twitter, 'en deux heure'

Clément Solym - 19.07.2012

Edition - Société - Frédéric Beigbeder - Twitter - médias


Ça faisait longtemps que l'on n'avait pas consacré la minute nécessaire à l'homme qui tente régulièrement de franchir le mur du çon, Et y parvient plus régulièrement encore. Frédéric Beigbeder avait déjà lancé un appel contre le livre satanico-numérique, invitant à l'autodafé technique contre ces machines du diable. 

 

 

 

 

C'est contre Twitter que le Beig' peste, revendique et part donc en guerre, dans les colonnes de l'Express. « Twitter permet de rendre publics des SMS bâclés, rédigés à la va-vite, ou des réactions émotives, parfois des injures qu'aucun magazine n'aurait le droit de publier », attaque nerveusement notre homme du Sud. Et de rappeler que dans son boulot au Figaro Magazine, il cisèle, modèle, corrige et reprend ses articles. Pour ne rien regretter de ce qu'il pourrait écrire « à chaud ». 

 

Car, et attention, ce doit être une sorte d'art poétique, « il est nécessaire qu'une publication ne soit jamais instantanée ». Puis, bon dans ses classiques (sans érotisme), le Beig nous assène du Talleyrand, comme il aurait pu piocher chez Boileau, Montesquieu, Nietszche ou n'importe qui, dont on n'oserait contester l'autorité en matière de citation pour bachelier sachant bachoter.

 

« Je pense que le mieux à faire avec ces nouveaux médias est de les snober », poursuit-il, oubliant assez rapidement que Twitter n'est pas un média, mais un réseau de micro-blogging, ou un réseau social. Et que l'on n'accorderait pas vraiment le titre de média à Facebook. 

 

Facebook, dont le Beig' avait clamé qu'il le quittait en mars 2009. « Le virtuel est l'empire des Fakes et des frustrés, ou simplement des losers tristes et seuls, timides et respectables, auxquels on offre un mensonge, en échange d'une surveillance orwellienne de leurs habitudes de consommation. Ohé, les jeunes, sortez, discutez, bossez au lieu de vous prendre en photo toute la journée ! Vous verrez comme la réalité réchauffe ». (voir notre actualitté)

 

Mais il n'avait pas vraiment hésité à y revenir pour assurer la promotion de son film, communiqué de presse à l'appui, pour inviter… les médias à en parler. 

 

Et de conclure « Si tout le monde m'imitait, Twitter cesserait d'exister en deux heures. Cela nous laisserait du temps pour lire des textes profonds. »

 

Sûrement pas les siens.

 

(via EvO)