Suppression de postes à Livres Hebdo, “le choix de l’information au rabais”

Nicolas Gary - 13.01.2020

Edition - Economie - Livres Hebdo journalistes - licenciements journalistes presse - édition magazine professionnel


Suppression de la moitié des emplois de la rédaction, virage numérique radical, suppression de l’hebdomadaire pour un mensuel, déjà pour partie existant. L’année 2020 semble poursuivre la tendance de 2019 pour Livres Hebdo, filiale du Cerle de la Librairie. 


ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

En mars 2019, la direction annonçait des économies : les postes de correction-révision seraient réduits significativement. La société des journalistes, accompagnée de la section syndicale SNJ Electre/Livres Hebdo, déclenchait une pétition en réaction. Et de s’insurger contre les termes de la direction, assurant que « toutes les rédactions suppriment leur service de correction ».

Moins d’un an plus tard, c’est la rédaction elle-même qui est concernée. Un communiqué dévoilait la perspective d’un média 100 % numérique, avec 7 postes supprimés sur 14. La société Electre évoquait alors une publication « structurellement déficitaire depuis plusieurs années ». Et la nécessité de s’adapter à « l’évolution de la demande de ses clients et de rétablir son équilibre économique ».

Pour le Syndicat général du livre, une nouvelle fois, « la direction d’un titre de presse prend prétexte de la transition numérique pour détruire des postes, au mépris des salariés et de la qualité du support ».

Une communication de la section Livres Hebdo du Syndicat national des journalistes, les postes visés sont « principalement les opérationnels ». Et les suppressions débuteront dès le mois de février, la transition vers le mensuel surviendra à compter de septembre.
 

L'information et son coût


Quelques-uns des salariés s’étaient, assez symboliquement, regroupés devant le siège du Syndicat national de l’édition, la semaine passée. Le jour même où Vincent Montagne, président et PDG de Média Participations, présentait ses vœux – aux côtés de Vera Michalski, présidente du BIEF et Denis Mollat, président du conseil de surveillance du Cercle de la librairie…  
 


Une protestation presque pour la forme. « On peut aussi pisser dans un violon », nous lâchait-on.

Mais la question est celle de journalistes considérés comme « trop qualifiés pour intégrer la nouvelle formule du journal », assure-t-on. De quoi miser sur « le choix de l’information au rabais » ? Et de mettre en place une nouvelle pétition, pour demander le soutien de l’interprofession, pour « défendre votre droit à une information fiable et de qualité ».

Et de conclure : « Croire résoudre le problème en proposant une info au rabais, aussi continue et immédiate soit-elle, c’est avoir un train de retard sur ce qui se fait actuellement dans la presse où les rares réussites sont celles de la qualité. Et c’est précipiter le magazine vers une mort certaine. »


Commentaires
Je suis inquiet non seulement pour les journalistes qui font un travail irremplaçable pour les professionnels mais aussi pour le milieu de l edition et de la librairie..

Tenez bon ! On est avec vous



Gutenberg
Pendant qu'Actualitte diffuse les appels à grève et des assemblées des bibliothèques de lecture publique, LibresHebdo publiait un article odieux et assez malhonnête sur les difficultés des bibliothèques pour fonctionner à cause de la manque de métros et RER...

Je ne sais pas si c'est du clientelisme consequént avec l'uberisation que l'entreprise subit depuis 2019, mais dans tout cas c'est une goutte de plus
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