Suppression des allocations : Chatel s'y colle

Clément Solym - 02.04.2010

Edition - Société - Chatel - suppression - allocations


L’absentéisme scolaire ne date pas d’hier et les différentes mesures qui ont pu être proposées au fil des décennies n’ont guère influé sur le problème. Nettement plus développé dans les établissements professionnels (jusqu’à 10,9 % des élèves), de façon très marquée dans ceux qui accueillent une population venant majoritairement de quartiers difficiles, l’absentéisme scolaire (5 % en moyenne au niveau national) ne peut simplement se traiter par la menace de sanctions.

C’est pourtant l’angle d’attaque assez racoleur encore une fois imposé par le président de la République. Il souhaite qu’enfin soit mise en place la suppression des allocations pour les parents dont les enfants seraient trop souvent absents. Cette mesure, déjà ancienne, n’a jamais été véritablement appliquée.

Rénovée en 2006 dans le cadre de la loi sur l’égalité des chances, cette suppression avait été replacée dans un Contrat de responsabilité parentale (CRP) : les familles d’enfants régulièrement absents rentrent dans le cadre de ce contrat signé avec l’école et de département.

En cas de poursuite des manquements constatés, la suppression des allocations pourrait être effective de la main du président du Conseil général qui interviendrait auprès des Caisses d’allocations familiales. Mais ce système tourne à vide : les contrats ne sont pas signés et aucune suppression n’a été mise en place.

Pour rendre effective cette mesure Luc Chatel propose de confier la suppression des allocations au préfet. Du côté des enseignants et des associations de parents d’élèves, on reste opposé à cette mesure qui ne s’attaque pas au fond du problème.

Bien souvent au départ, il y a une orientation plus subie que choisie. Sanctionner des parents déjà en difficulté face à leurs enfants ne change rien à la situation. Il faudrait plutôt pouvoir assister ceux qui sont dépassés.