Suppressions de postes chez Fnac, l'actionnaire "veut des dividendes"

Clément Solym - 13.01.2012

Edition - Economie - Fnac - suppression - postes


Agitation chez l'agitateur public. La Fnac vient officiellement et par voie de communiqué de presse d'annoncer qu'une politique de rigueur allait s'abattre sur l'enseigne. En effet, 500 postes seront supprimés, avec 310 concernant la France. La mariée va décidément être très belle...

 

L'objectif est d'économiser 80 millions €. Pour faire suite à une baisse « significative du chiffre d'affaires 2011 de l'enseigne à -3,2 % et une baisse des performances en magasin de -5,4 % », l'enseigne décide donc de couper dans le personnel. 

 

Un programme qu'Alexandre Bompard, le PDG, sait être « important », mais nécessaire pour arriver à une « réduction des frais généraux », afin de mener à bien le projet stratégique prévu au travers de Fnac 2015. 

 

Au menu, Fnac signale que la consommation est en berne, que ses marges ont pris du plomb dans l'aile, du fait de pressions non détaillées. Elle évoqué également « la faible élasticité de sa structure de coûts », qui a conduit à un « résultat opérationnel courant réduit de moitié ». En somme, tout va mal, et il faut absolument parvenir à économiser 80 millions € cette année. 

 

 

 

Cependant, seuls les postes seront supprimés et aucun magasin n'est menacé pour le moment. Il s'agit d'autre part de suppressions de postes portant sur des fonctions support, mais pas du tout commerciaux. En outre, les départs seront accompagnés, assure l'enseigne, avec une politique de reclassement dans tous les cas. Les employés parisiens et franciliens peuvent manifester souffler puisqu'ils ne devraient pas être trop concernés par cette situation, surtout après le plan qu'ils ont connu en 2009. 

 

Le parcours de Bompard

 

Arrivé en novembre 2010, et tout fraîchement sorti d'Europe 1, Alexandre Bompard avait créé la sensation en déclarant. François-Henri Pernault, qui avait dévoilé cette arrivée, pointait : « Son expérience et sa créativité permettront à la Fnac de conforter, aussi bien en France qu'à l'international, sa place parmi les leaders de la révolution numérique. » 

 

Peu après, en mai dernier, Bompard présentait un premier projet de déploiement de boutiques Fnac dans les gares et les aéroports, remplaçant ainsi les enseignes Virgin qui s'y trouvaient. « Cet accord avec Lagardère Service va nous permettre d'accélérer notre prise de positions dans un secteur très dynamique, le travel retail, et d'augmenter ainsi nos points de contact avec nos clients », commentait-il.

 

Puis deux mois plus tard, c'était une nouvelle décision, qui cette fois concernait un véritable plan quinquennal. « Mon souhait, c'est que le plan produise ses premiers effets à la fin de l'année 2012, que cela s'accélère à partir de 2013 et qu'on arrive à partir de là à une croissance tangible et pérenne de notre chiffre d'affaires. »

 

Pour ce faire, l'investissement allait être nécessaire. Mais surtout, d'ajouter : « À la rentrée, on va ouvrir un chantier d'adaptation des métiers, des compétences, des qualifications, dans le cadre d'une gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences en concertation avec les partenaires sociaux. » (voir notre actualitté

 

L'actionnaire réclame ses dividendes...

 

La CGT, qui redoutait alors, nous étions en juillet 2011, pour les emplois dans le groupe, n'avait donc pas tout à fait tort. Contacté suite à cette annonce, le syndicat CGT explique à ActuaLitté, que cette décision de supprimer des postes « n'a aucune volonté de conquérir des parts de marché, bien au contraire. C'est une expression manifeste et parfaite d'un actionnaire qui réclame plus de dividendes, et montre qu'il n'est pas satisfait. Aucun plan pour reconquérir des parts de marché n'a été présenté, et c'est une recherche d'économie de masse salariale pour satisfaire actionnaire PPR ».

 

Et la CGT d'ajouter : « Voilà deux ans que l'on n'a plus de politique commerciale dans le groupe, ni de stratégie. Fnac.com nous a été présenté comme le Nirvana, et pour les magasins, la seule innovation, c'étaient ces «univers» qui relevaient plutôt du concept architectural à l'intérieur des boutiques. Mais là encore, en novembre, l'actionnaire PPR a trouvé que ces univers coûtaient bien cher, et il a été décidé de les repousser. » 

 

Paris est cette fois épargné, puisqu'en 2009, la ville avait été touchée par un plan de suppressions de postes similaires. « Ce sont principalement les fonctions administratives qui vont être touchées en province, mais aussi en banlieue. On trouvera probablement des possibilités de reclassement vers des postes de vente, mais nous sommes désolés pour tous les collègues.


Après avoir vécu ça sur Paris, nous savons que l'ambiance va être compliquée avec conditions de travail qui se dégraderont, et des relations avec les clients qui seront plus difficiles. Cela fait plusieurs années que Fnac tente de remonter la pente, mais à force de faire des économies sans chercher de plan stratégique de développement, on se demande bien comment ils feront l'an prochain. »

 

Mise à jour : 

 

Fnac vient de contacter ActuaLitté pour préciser que pour l'année 2011, l'enseigne n'a pas versé de dividendes à son actionnaire. « Avec ce plan de suppression de postes, nous restons dans la perspective de la stratégie Fnac 2015 », souligne également l'enseigne.






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