Piratage à grande échelle de manuels scolaires, en impression à la demande

Clément Solym - 11.09.2015

Edition - Justice - Amazon CreateSpace - livre impression - piratage contrefaçon


L’envers du programme Kindle Direct Publishing est connu : la facilité à commercialiser des œuvres du domaine public, en ayant simplement copié-collé depuis une source X ou Y le texte qui sera vendu. Cette exploitation n’est en soi pas répréhensible – rien dans la loi française ne définit positivement le domaine public. Mais elle a quelque chose d’assez vulgaire. Mais certains vont plus loin dans leur démarche, avec cette fois des œuvres diffusées en Open Source.

 

Printer Tiger

 

Marco Varisco, CC BY SA 2.0

 

 

Le domaine public est donc une chose : vendre l’intégrale de Zola pour 10 €, sans avoir opéré le moindre travail qui justifie ce prix relève de la douce escroquerie. D’ailleurs, et la chose ne manque pas d’un certain cachet, le fil Twitter de la Team Alexandriz pointait du doigt des livres, vendus en autopublication, pour justement exploiter le domaine public à des fins mercantiles, et sans aucune conscience.

 

 

 

 

Certes, passer par la plateforme KDP est tout à coup d’une simplicité sans nom. Mais un autre outil a permis à des pirates de profiter et d’abuser de la situation. Le Digital Reader pointe ainsi une série d’ouvrages, proposés en impression à la demande, via l’outil dédié d’Amazon : CreateSpace. 

 

Pour la plupart, il s’agit de manuels scolaires et techniques, auxquels se sont intéressés les escrocs en question. Ils profitent donc de la commercialisation et de l’impression proposées par CreateSpace, pour mettre en vente des ouvrages publiés sous licence Creative Commons ou en Open Source. Il suffit en effet de repérer un titre qui semble avoir un certain succès, et de le déplacer vers la boutique de vente, pour leurrer l’internaute qui manquerait de vigilance.

 

Et de référencer plusieurs exemples de titres qui ont subi ce traitement, y compris des ouvrages sous droit, légèrement retouchés, avant d’être ouvertement mis en vente, au profit d’un vendeur tout à fait hors la loi. 

 

On le comprend : l’ouvrage est alors proposé moins cher que sa version légale, et une petite astuce consisterait à le faire passer pour une seconde, voire une troisième édition. Le tour est alors joué. Et comme CreateSpace permet à d’autres sites de vendre des produits – y compris la chaîne de librairie Barnes & Noble –, on se rend compte que la chasse aux pirates devient alors infinie. 

 

Dans la boutique KDP, ces copies illégales seraient rapidement repérées : Amazon a tout sauf intérêt à ce que prolifère une offre illégale. Mais manifestement, CreatSpace n’a pas les mêmes critères d’exigence, ou alors ne bénéficie pas des mêmes attentions. La défaillance ne touche d’ailleurs pas que le cybermarchand, mais également tous les autres revendeurs. 

 

Si l’auteur n’a simplement qu’à se manifester pour que les ouvrages soient retirés, on comprendra, une fois de plus, combien l’hydre est récalcitrante à se faire exterminer...

 

(via Riter, The Digital Reader)