Suzanne Lalique et la scène : une exposition intime

Laure Besnier - 29.03.2018

Edition - Société - Suzanne Lalique Théâtre Décors Costumes - Dessin Maquettes - Arts Graphiques Fonds


Dans le cadre de la Semaine du dessin, dédiée cette année aux arts du spectacle, nous avons fait un tour dans la petite exposition « Suzanne Lalique et la scène » qui a lieu au Musée Nissim de Camondo jusqu'au 17 juin prochain. Déambulation, avec la commissaire Bénédicte Gady, parmi les dessins, les maquettes et archives de celle qui dirigea, pendant plus de trente ans, les ateliers de décors et de costumes de la Comédie Française. 

 

Exposition Suzanne Lalique, Musée Nissim de Camondo

ActuaLitté, CC BY-SA 2.0

 


L’exposition « est un hommage, une sorte de fenêtre sur sa production » explique Bénédicte Gady, conservatrice du patrimoine au Musée des Arts Décoratifs (MAD). Peintre, scénariste, costumière, scénographe, Suzanne Lalique (1892-1989) a contribué fortement – mais discrètement – au théâtre, le nom de son père, le verrier René Lalique, ayant éclipsé son propre prénom. Les deux salles qui lui sont consacrées au Musée Nissim de Camondo remettent en lumière son oeuvre. 
 

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L’artiste a dessiné des décors et des costumes pour la Comédie-Française (1938-1971), mais aussi pour l’Opéra de Paris, des théâtres privés, ou encore pour le théâtre des Célestins à Lyon. Aussi, l’idée de cette rétrospective est « venue assez naturellement » à l’esprit de la commissaire, dans le cadre de la semaine du dessin et sa thématique biannuelle, les arts du spectacle. 

 

Cette semaine étant prévue pour mettre en valeur les fonds des musées, Bénédicte Gady regarde dans celui du MAD (dont le Musée Nissim de Camondo dépend) et se trouve « séduite » par les créations de Suzanne Lalique. Même si le style de l’artiste peut être difficile à résumer, il reste qu’elle épouse les modèles d’époque dans ses dessins (elle reproduira des costumes du 17e pour une représentation de Molière) tout en les transformant en quelque chose de « plus graphique », de « plus lisible pour le spectateur ».

 

Suzanne Lalique a « un goût pour la stylisation, la simplification. » De surcroît, elle possède une « extrême sensibilité pour les accords chromatiques » constate Bénédicte Gady. « Une gaîté harmonique » se détache de son oeuvre, ajoute-t-elle. D'où ce petit serviteur au parasol au « charme exceptionnel ». L’artiste incarne des moments de théâtre, sans remoderniser, mais sans produire de « pastiche conforme ». « Elle est à la frontière entre les deux » nous raconte la commissaire. 
 

Exposition Suzanne Lalique, Musée Nissim de Camondo

ActuaLitté, CC BY-SA 2.0

 


Bénédicte Gady a construit l’exposition comme une « promenade » au sein de la production de Suzanne Lalique. Tout en prenant en compte les contraintes du fonds du MAD : « Notre fonds est suffisamment riche pour ne pas faire appel à d’autres fonds, comme celui de la Comédie Française », précise-t-elle, mais aussi les contraintes du lieu ; deux pièces sont prévues pour les expositions (le reste du musée, reproduction d’une demeure du 18ème siècle, expose les collections du comte Moïse de Camondo, ndlr).

 

Aussi, la commissaire a dû faire des choix, « esthétiques » et « subjectifs ». Par exemple, ayant à sa disposition 6 maquettes en volume, mais un seul pan de mur pour les contenir toutes, elle en choisit 5. Pour elle, l’exposition doit s’organiser à travers une « série de focus », dans un ensemble cohérent, homogène ; d’un côté les archives, de l’autre, les maquettes. Un autre pan de mur contient des costumes d’époque, depuis la période Antique jusqu’aux années 1920.

 

Dans la seconde salle, on trouve les riches dessins retraçant la recherche d'un costume de cérémonie turque par Suzanne Lalique pour une représentation du Bourgeois gentilhomme de Molière. Elle y varie les coiffes, les caftans... Ainsi les illustrations et les productions se font échos les unes des autres. 

 

Dans une vitrine sont exposées les sources d’inspiration de l’artiste, témoignages de son processus de création. Comme cet album de Jules Maciet grâce auquel elle se documente, afin de pouvoir créer décors et costumes dans l’esprit de l’époque concernée. Bénédicte Gady ajoute avoir retrouvé des carnets dans lesquels Suzanne Lalique notait les volumes qu’elle consultait à la bibliothèque des Arts Décoratifs ou encore à la Bibliothèque nationale (BnF aujourd’hui). Ainsi de l’album d’Israël Silvestre. 

 

Cette petite rétrospective reste temporaire, le dessin pouvant s’abîmer s’il est exposé trop longtemps. Ce qui est sûr, c’est que ce dernier se prête bien à ce mode d’exposition, « intime ». 

 

 

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