Syrie : Faraj Bayrakdar déplore le sort des populations

Clément Solym - 15.06.2012

Edition - International - Syrie - Bachar el-Assad - Faraj Bayrakdar


Bachar el-Assad poursuit en Syrie son entreprise de destruction, alors que Moscou a récemment annoncé que l'idée de son départ pourrait finalement ne plus poser tant de problèmes. Le 29 mai dernier, le pilonnage de Houla avait repris, et en dépit de l'exigence française d'arrêter complètement les livraisons d'armes, le nombre de morts augmente - plus de 14.000 selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

 

C'est que s'opposer à Assad coûte cher, comme le raconte le poète syrien Faraj Bayrakdar. En 1987, sa fille n'avait que trois ans, alors qu'il fut arrêté pour activisme politique. Sa libération n'est intervenue qu'au moment où sa fille entrait à l'université. Racontant son expérience durant le festival de Hay-on-Wye, dans le pays de Galles, le poète se souvient : « Ce fut la plus grande douleur que j'ai jamais connue. » C'est aussi la raison qui l'a poussé à s'exiler en Suède. 

 

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« Je n'ai pas été étonné de voir que le régime syrien se soit montré si cruel, en tirant sur la foule », explique-t-il. Lui-même a connu l'expérience douloureuse des exactions du gouvernement en Syrie, avant que Bachar el-Assad ne succède à son père. De quoi le rendre plus inquiet encore quant à la situation actuelle. 

 

Or, si le peuple syrien exprime aujourd'hui sa gratitude à l'égard des gouvernements européens, il considère que l'Europe pourrait faire plus et apporter un plus grand soutien à la population. 

 

Libéré en 2000, Bayrakdar partit s'installer en Hollande jusqu'en 2003, où il enseigna l'arabe. Puis, durant deux années, il revint en Syrie, avant de quitter définitivement le pays en 2005, pour résider définitivement à Stockholm. 

 

Depuis seize mois, la Syrie vit sous le régime de la répression et la folie de son dirigeant. De nouvelles manifestations sont prévues, pour protester contre le régime. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a évoqué la possibilité, ce vendredi, sur France Inter, la possibilité d'une conférence qui se déroulerait à Genève le 30 juin. 

 

Poète syrien et militant communiste, Faraj Bayrakdar a passé 13 années dans les geôles de Hafez el-Assad. Libéré en 2000, il vit aujourd'hui en Suède, où il continue à écrire et à se battre contre le régime répressif actuellement en place en Syrie. Ni vivant ni mort réunit ses poèmes de prison.