Syrie : "La diplomatie, qui avait cru tout prévoir, est aujourd'hui en défaut."

Clément Solym - 24.02.2012

Edition - International - Syrie - Bachar Al Assad - politique


La Syrie vit des heures des plus dramatiques. La mort de journalistes attire l'attention du monde occidental un peu plus, tandis que les Nations Unies se retrouvent toujours coincées par les vétos de la Russie et de la Chine quant à une intervention dans le pays. Pourtant, le régime de Bachar Al Assad provoque toujours autant de morts et de répression. 

 

L'aide humanitaire ne parvient pas, les populations sont face à des soldats armés, et l'unique solution passerait justement par des armes, pour se défendre... chose qui offrirait alors au dictateur de pouvoir déchaîner une vague de violences plus lourdes encore sur son peuple.

 

Ce même peuple que seul un fou massacrerait, comme il l'expliquait si bien...

 

Selon une source citée par l'agence Reuters, les rebelles syriens recevraient cependant des armes de l'étranger. « Nous acheminons des armes défensives et offensives. Elles viennent de partout, même de pays occidentaux, et ce n'est pas difficile de leur faire passer les frontières. Aucune décision d'armer les rebelles n'a été prise par quelque pays que ce soit, mais des pays permettent aux Syriens d'acheter des armes et de les expédier dans notre pays », explique-t-on à l'agence. 

 

La situation est critique, définitivement. 

 

 

 

En 1860, Louis de Baudicour, publiait un ouvrage, La France en Syrie, que l'amateur de géopolitique pourrait redécouvrir non sans un certain intérêt.  

Les derniers événements de Syrie appellent plus que jamais l'attention sur les chrétiens de ce pays. L'Europe civilisée s'étonne en même temps qu'elle s'afflige, des atrocités qui sont commises; il faudrait remonter aux siècles les plus reculés de la barbarie pour en trouver de pareilles. La diplomatie, qui avait cru tout prévoir, est aujourd'hui en défaut. Depuis longtemps elle se préoccupe des chrétiens de l'Empire ottoman, et voilà que précisément ce qu'elle a prétendu faire en leur faveur amène leur destruction complète.

 

Au lieu de leur être utile, elle n'a fait que leur nuire, et n'a réussi qu'à se lier les mains quand il s'agit de leur donner un appui efficace. L'honneur national en est ému, en même temps que la conscience humaine; il n'y a qu'un cri pour réclamer qu'on vole au secours des victimes, pressée par l'opinion publique, la diplomatie, qui reculait d'abord, s'est décidée à s'émouvoir; mais elle en est encore maintenant à délibérer sur les moyens à prendre, alors que d'un moment à l'autre des milliers de chrétiens peuvent de nouveau être égorgés.

 

C'est qu'en réalité, à côté de l'intérêt des chrétiens, il y a la plus grave question politique des Temps modernes : des modifications dans l'Empire ottoman compromettent l'équilibre de l'Europe. Les grandes puissances qui aujourd'hui la dominent tremblent des changements qui peuvent amener une véritable révolution dans le monde et déranger tous leurs calculs. À tout prix elles voudraient composer, mais la conscience des peuples parle plus haut et les entraîne malgré elles dans la voie de la justice de Dieu.

 

Rendons-nous compte, d'abord, de l'importance politique de la Syrie, objet de toutes les préoccupations du moment.

 

Un ouvrage important à découvrir, pour mettre plus encore les perspectives avec l'actuelle situation du pays. A télécharger depuis notre bibliothèque numérique.