Syrie : un dessinateur tué par le régime pour des caricatures

Julie Torterolo - 24.09.2015

Edition - International - Akram Raslan - caricature - Syrie


Depuis 2013, les rumeurs courent sur la mort du dessinateur syrien Akram Raslan, arrêté en 2012 par le régime pour avoir caricaturé Bachar el-Assad. Entre exécution par le régime ou maltraitance en prison, les hypothèses ne trouvaient pas de réponses. Lundi, le Gulf Center for Human Right a levé le voile sur les doutes. Ce lauréat du Prix du Courage en caricature politique pour l’année 2013 a été tué par les forces de sécurité à la suite d'actes de torture répétés.​

 

Hommage tiré de la page Facebook intitulée : 

Les détenus et enlevés ne sont pas seulement des chiffres dans les rapports

 

 

La violence de la censure syrienne prend de plus en plus le pas sur la liberté d’expression : bandes dessinées ou caricatures sont régulièrement interdites, et, bien souvent, leurs auteurs arrêtés. Tel fut le cas de Akram Raslan, dessinateur syrien, arrêté en octobre 2012 par les autorités de son pays pour avoir réalisé des caricatures de Bachar el-Assad ou contre le régime. 

 

Le dessinateur est décédé en 2013, dans des circonstances qui restent floues. Sans nouvelles de leur confrère en septembre de la même année, des dizaines de dessinateurs de presse s’étaient d’ailleurs réunis au festival du dessin de presse de Saint-Just-Le-Martel pour demander la libération de l’artiste.

 

Ce lundi, le Gulf Center for Human Right (Centre du Golfe pour les droits de l'homme), a dévoilé que cet ancien caricaturiste pour le journal Al-Fedaa à Hama est mort des suites d'actes de torture répétés. L’organisation explique avoir reçu un témoignage permettant de confirmer les circonstances de sa mort. « Après avoir subi de graves actes de torture, la santé Ruslan s’est détériorée soudainement et il a été transféré à l'hôpital pour recevoir des soins », écrit la structure.

 

 

 

« Le Centre du Golfe pour les droits de l'homme estime que Ruslan a été torturé pour son engagement dans la lutte pour les droits de l’Homme et pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression. Il était bien connu pour ses dessins audacieux, qui ont accompagné les premiers pas du conflit syrien, et pour avoir mis en lumière les violences commises contre le peuple syrien, et publié dans un certain nombre de magazines et de sites Internet », poursuit la structure.

 

Le cas du caricaturiste n’est pas isolé et des arrestations de la sorte continuent dans les régimes autoritaires. On pense au cas de l’artiste iranienne Atena Farghadani, condamné à 12 ans et 9 mois de prison pour ses dessins représentant les membres du Parlement iranien avec des têtes d’animaux. 

 

Quelques-uns des dessins signés Akram Raslan :