Syrie : Que l'on retire à Bachar el-Assad son permis de tuer

Clément Solym - 13.03.2012

Edition - International - Syrie - Bachar el-Assad - pétition


À l'ONU hier, une nouvelle fois, la Russie et la Chine se sont opposées à toute « idée de résolution » qui condamnerait le régime actuel en Syrie. Et face à la détresse dans laquelle est entrée la diplomatie mondiale, les intellectuels de différents pays se dressent, au travers d'une pétition. 

 

Ils sont une cinquantaine, rapporte France Inter, à avoir signé un texte « pour que l'on retire à Bachar el-Assad son permis de tuer ».

 

Robert Badinter, abolitionniste de la peine de mort, expliquait simplement, ce matin, sur l'antenne de la radio : « On ne peut pas rester insensible. Aucun d'entre nous. »

 

Le noir de l'impasse...

 

Cette pétition, publiée hier dans le Financial Times et aujourd'hui dans Le Figaro, appelle la Russie, tout particulièrement, à venir en aide au peuple syrien, et mettre un terme à la répression sanglante actuellement menée par le dictateur syrien. 

 

D'anciens diplomates, des prix Nobel, et des écrivains ont signé. « Bien que nous comprenions qu'il n'y a pas de solution simple à cette crise, l'obligation morale de combler l'impasse actuelle est liée aux membres du Conseil de sécurité », explique la pétition. 

  

Selon la lettre ouverte, la Russie est invitée à unir ses efforts pour mettre un terme rapidement au conflit, qui chaque jour, ajoute son lot de morts et de blessés. 

 

Chose intéressante, Bernard Henri Levy, pourtant l'homme de la Syrie, ayant démontré largement son engagement pour la cause syrienne, ne compte pas parmi les signataires de cette lettre. Il insistait pourtant, en juillet 2001 sur l'importance d'agir

 

Umberto Eco, David Grossman, Stéphane Hessel ou encore Kwame Anthony Appiah ont pour leur part signé la pétition.

 

Et pendant ce temps, au Salon du livre

 

Une conférence qui se déroulera sur le stand du MOTif, en K83, le dimanche 18 mars, entre 18 et 19 h.

 

Femmes dans la tourmente de la révolte syrienne

La dernière publication des éditions Turquoise, l'anthologie « Voix de femmes. Poèmes et photographies du monde entier », consacre un chapitre entier à la poésie de femmes originaires du Moyen-Orient et du Maghreb. Parmi elles comptent quatre poétesses syriennes, Saniya Saleh, Aïcha Arnaout, Hala Mohammad et Maram al-Masri, dont Rania Samara a été occasionnellement la traductrice.

En raison de la situation actuelle du monde arabe, trois auteures syriennes seront invitées à apporter leurs témoignages et débattre ensemble au sujet de leurs créations actuelles, leur rôle politique en tant que femmes et écrivains, aujourd'hui, en Syrie, où les combats font rage et la répression ne faiblit pas.

Intervenantes :

Hala Mohammad, poétesse et cinéaste.
Rania Samara, professeur et traductrice de langue arabe.
Samara Yazbek, écrivain et scénariste. Menacée par le régime syrien, elle est actuellement réfugiée en France et dénonce la répression terrible sévissant dans son pays.

Médiatrice : Wassyla Tamzali, écrivain et militante féministe algérienne, dernier ouvrage paru “ Histoires minuscules des révolutions arabes” Ed Chèvre Feuille étoilé, mars 2012.


Biographies :

Wassyla Tamzali : née en Algérie en 1941, écrivain et militante féministe algérienne. De 1966 à 1977, elle fut avocate à la Cour d'Alger, avant de travailler à l'Unesco. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Une femme en colère et L'Énigme du Maghreb; elle a en outre contribué à la rédaction de « L'appel des femmes arabes pour la dignité et l'égalité ».

Hala Mohammad : née à Lattakieh en 1959, elle a fait des études de cinéma en France puis travaillé dans ce domaine en Syrie. Elle a participé à de nombreux festivals de poésie dans le monde et organisé l'un d'eux à Damas en 2008, consacré à la poésie des femmes arabes. À ce jour, elle a publié cinq recueils de poésie et, parallèlement, réalisé six films documentaires.

Rania Samara : traductrice littéraire, professeur de littérature française à l'Université de Damas et professeur de littérature arabe et de traduction à l'Université Paris III. En tant que traductrice, elle s'est plus particulièrement consacrée à la poésie des femmes arabes.

Samar Yazbek : l'une des auteures les plus talentueuse de sa génération. Née en 1970 à Jableh, écrivain, journaliste et scénariste, elle a étudié la littérature arabe, avant de publier des romans qui traitent des problèmes de la société syrienne actuelle, dont « Feux croisés. Journal de la révolution syrienne » traduit par Rania Samara, et de s'engager dans la lutte pour les droits des femmes. Menacée dans son pays, elle s'est réfugiée en France. À ce jour, elle a publié quatre romans, deux recueils de nouvelles et plusieurs scenarii de films.