TADA, une nouvelle revue d'art bilingue

Claire Darfeuille - 22.07.2014

Edition - International - revue bilingue - traduction - art


Diffusée dans les librairies en France et dans les centres d'art au Mexique, la revue franco-espagnole TADA rassemble sur 160 pages des textes expérimentaux -de l'art contemporain à l'architecture, à la poésie, 
à l'entretien, à l'essai, au roman photo- et un cahier d'illustrations en bichromie.

 

 

 "Pájaro de color. Ocho poetas infrarrealistas", éditions Asunción Sanchís, México, Lora del Río, 1976.

 

« Nous souhaitions faire circuler des textes d'auteurs, inédits ou pas, d'une langue à l'autre. Moins que des discours ou des théories, ces textes exposent des pratiques et des expériences spécifiques. Nous n'abordons pas de thèmes particuliers, mais cherchons à créer des connexions, à poser des questions qui se déploient ensuite de façon rhizomatique », explique Annabela Tournon, co-directrice de la publication avec Mauricio Marcín. La première est l'auteure d'une thèse sur l'art dans les années 70 au Mexique et participe à la maison d'édition La Lenteur, le second a été curateur de l'exposition sur le Mail art ou Art postal au Musée de la ville de Mexico, dont il a édité le catalogue.

 

Au sommaire de ce premier numéro figure une dizaine de textes, dont un extrait du livre de Jean-Charles Masséra Amour, gloire et CAC 40, (P.O.L,1999), traduit pour TADA en espagnol par Ishtar Cardona, un entretien entre la curatrice Mabel Tatia et l'artiste X. Andrade, alias Full Dollar, sur sa pratique artistique et sociale, ou encore un compte-rendu d'une exposition de Juan Downey sous forme de roman photo par l'artiste d'origine mexicaine Marisol Rodríguez, traduit de l'anglais par Daphné Bally. Tous les textes sont traduits dans les deux langues par les auteurs, des traducteurs, des contributeurs ou collectivement.

 

TADA court plusieurs lièvres à la fois

 

De la critique sociale à l'urbanisme en passant par l'art contemporain, l'architecture ou la poésie, la revue transdisciplinaire TADA, selon les vœux de ses fondateurs, « court plusieurs lièvres à la fois ». Les autres contributeurs de ce premier numéro sont Víctor González Escaleta, Destructor de mitos, Nicolas Eyguesier, 
Stéphanie Dadour, Paola Santoscoy,
 Estelle Nabeyrat, Mauricio Marcín, Marie Bechetoille, 
Luis Felipe Fabre et Annabela Tournon.

 

TADA est constituée de deux cahiers en noir et blanc au format 15cm x 27cm, de 80 pages chacun, l'un en français, l'autre en espagnol. Les illustrations –photos ou dessins- choisies par les auteurs ne sont pas placées en regard des textes, mais rassemblées à la fin du premier cahier et au début du second, et tirées sur papier couché, en bichromie. Une sobriété revendiquée par Annabela Tournon comme « un choix formel adapté au contenu ». Le titre du premier numéro « Le parti pris des choses » est emprunté à Francis Ponge et, pour savoir d'où vient le nom de la revue, il faudra attendre le prochain numéro...

 

Lancée officiellement fin juin à Paris à La Maison Rouge, fondation Antoine-de-Galbert pour l'art contemporain, la revue est tirée à 600 exemplaires, vendue au prix de 13 euros et paraîtra tous les six mois. Diffusée dans un premier temps en France (par Hobo) et au Mexique, TADA souhaiterait étendre sa diffusion à tous les pays hispanophones.