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Taïwan : ouverture d'une librairie interdite, sous la menace chinoise

Antoine Oury - 16.08.2018

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La Chine, qui détient toujours Gui Minhai, un éditeur et libraire suédois, vient de faire une nouvelle démonstration de force en s'opposant à l'ouverture d'une librairie à Taïwan, province de la république de Chine. À sa tête, on aurait trouvé Lam Wing-kee, libraire chinois qui fut enlevé par les autorités chinoises en 2015, avant d'être relâché quelques mois plus tard.


Lam Wing-kee, en 2016 (湯惠芸, domaine public)
 

Le géant chinois, qui garde un œil très intrusif dans les affaires de Taïwan, aurait exercé des pressions sur les investisseurs derrière le projet d'ouverture de librairie mis sur pied par Lam Wing-kee. Parmi ces partenaires, un homme d'affaires de Hong Kong, possédant des intérêts derrière la frontière chinoise, a récemment annoncé qu'il renonçait à participer à l'aventure.

 

« L'épouse de l'investisseur de Hong Kong possède des usines en Chine et se trouvait donc au premier plan pour des intimidations », a souligné un autre investisseur, de Taïwan cette fois. A priori, des agents chinois auraient fait comprendre à l'épouse que la participation à l'ouverture de la librairie par son mari aurait eu des conséquences fâcheuses pour ses propres affaires.

 

Les investisseurs taïwanais eux-mêmes confessent avoir réfléchi à deux fois avant de s'engager dans le projet de Lam Wing-kee : des militants et activistes taïwanais ont déjà été enlevés par les autorités chinoises à plusieurs reprises, pour refaire surface quelques mois plus tard en Chine, emprisonnés.

 

L'annonce de la création de la librairie remonte à mars dernier : quelques mois plus tard, en mai, Ta Kung Pao, un journal chinois proche du pouvoir, avait publié des éléments privés sur l'un des investisseurs, ce qui ressemble fortement à une manœuvre d'intimidation.

 

Lam Wing-kee ne renonce pas pour autant : il assure qu'il cherchera d'autres investisseurs à Taïwan. « Si nous voulons lutter contre la propagation des idées promues par le gouvernement chinois, ne devrions-nous pas d’abord en apprendre davantage sur l'origine de ces idéologies ? Ce sera une véritable prise de conscience et nous pouvons y participer », a indiqué Lam Wing-kee.

 

Un médecin suédois au chevet de Gui Minhai,
éditeur emprisonné en Chine

 

Des désaccords entre les investisseurs et le libraire auraient aussi participé à l'échec du projet : des participants voulaient publier des ouvrages écrits par des militants chinois réfugiés à l'étranger, quand Lam Wing-kee souhaite plutôt « s'éloigner des ragots politiques » pour se concentrer sur des ouvrages de réflexion sur la politique chinoise.

 

Lam Wing-kee, auparavant gérant de la librairie Causeway Bay Books, avait été porté disparu en octobre 2015, avec plusieurs collègues. Libéré quelques mois plus tard, en mars 2016, Lam Wing-kee avait participé à des manifestations pour réclamer la libération de Gui Minhai, un de ses confrères, toujours emprisonné à l'heure actuelle.



via South China Morning Post




Commentaires

Votre titre en gras n'est pas très clair. Taïwan n'est pas une "province de la République de Chine". L'île de Taïwan est un Etat à part entière, qui se nomme "République de Chine", avec pour capitale Taipei. Cet Etat fut fondé par les Nationalistes de Tchang Kaï-shek. La République Populaire de Chine (capitale : Pékin) revendique politiquement l'île.
En effet, en mettant un article sur la pression chinoise sur Taïwan, vous reprenez vous meme les termes de Pékin pour désignez cette république.

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