Taken : Un ebook documentaire sur les esclaves sexuels de Mumbai

Julien Helmlinger - 05.12.2013

Edition - International - Taken - Esclavage sexuel - Trafic humain


Les chaînes de l'esclavage ne sont pas encore brisées, comme nous le démontre l'ebook documentaire Taken. Son auteure, la reporter-photographe britannique Hazel Thompson, a consacré la dernière décennie à enquêter sur le commerce du sexe. Elle s'est notamment penchée sur le cas indien, après avoir entendu que des femmes du quartier rouge de Mumbai sont parfois détenues dans des cages pendant des années sans voir la lumière du jour, moralement cassées par leurs bourreaux, avant d'être exploitées comme prostituées. 

 

 

 

 

Guddi n'était âgée que de 11 ans quand un voisin a convaincu son père de l'envoyer depuis son pauvre village du Bengale à destination de Mumbai, en faisant miroiter la promesse d'un emploi bien rémunéré en tant que femme de ménage. Mais cette promesse ne fut jamais tenue et la jeune fille s'est bien vite retrouvée parmi les quelque 20.000 femmes qui errent dans le quartier rouge de Mumbai.

 

La traite humaine reste d'actualité, voici le genre de témoignages sordides que regroupe le livre numérique documentaire publié au cours du mois d'octobre. Une enquête que la journaliste aura pu mener grâce à l'aide de quelque organe caritatif local et de son guide, un ancien criminel des rues, fils de prostituée. Si Guddi a échappé à l'enfermement dans une boîte contrairement à certaines de ses consoeurs qui y sont restées cloîtrées jusqu'à 5 années durant, en revanche, la jeune fille n'a pas été épargnée par le viol. Il lui aura fallu trois mois d'hospitalisation pour se remettre de ses blessures. 

 

Lors de la dernière conférence Trust Women, organisée par la Thomson Reuters Foundation et le New York Times, Hazel Thompson déclarait : « Au fil des ans les filles ont décrit ces cages comme des boîtes en me disant qu'elles ne pouvaient pas se déplacer dans l'espace. Ces horreurs existent vraiment. L'esclavage est une réalité. Je me demande si les hommes qui se rendraient toujours dans ces bordels s'ils savaient qu'ils ne paient pas pour du sexe, mais pour violer une esclave. »

 

Une sale histoire qui rappelle combien dans certains pays des travailleuses du sexe réclament un cadre légal pour être protégées, quand les députés français s'en détournent en faveur d'un système à la suédoise. La Suède, un pays européen qui pénalise les clients de la prostitution depuis 2009, mais où la prostitution se serait finalement décalée en conséquence depuis les rues vers la clandestinité, sans toutefois disparaître sous la pression des abolitionnistes.

 

Ci-dessous un trailer vidéo :