Tant que l'ebook ne rapportera pas assez, peu d'investissements

Clément Solym - 31.01.2011

Edition - Société - cremisi - interview - numerique


Elle est la femme de l'édition 2011, avec le Goncourt qui est enfin revenu dans sa maison, après des années d'absence. Oh, pas que, évidemment, puisque d'autres auteurs font la maison Flammarion. Et Teresa Cremisi, la grande prêtresse du groupe vise toujours l'avenir.

Évoquant la réussite de J'ai Lu, le format poche de groupe, poussé par Gavalda ou Fred Vargas, elle souligne surtout la nécessité d'un travail « de longue haleine », pour faire bouger l'édition. D'ailleurs, obtenir un prix n'est pas une fin en soi : le roman de Houellebecq était déjà vendu à l'étranger avant son Goncourt et les romans primés ne sont pas forcément des succès outre-Hexagone.

5000 titres dans le catalogue d'Eden Livres

Son intervention devient intéressante sur le numérique, on s'en doute, puisque Teresa Crémisi annonce que fin 2010, la plateforme Eden Livres comptait 5000 titres - dont le Goncourt...

« Il s’agit d’investir avec méthode sur ce marché en développement et de veiller à éviter les faux pas qui vont souvent avec les nouvelles aventures. Comment se développe le marché ? Regarder aujourd’hui ce qu’il se passe aux États-Unis, et en général avec les livres de langue anglaise, ne donne pas nécessairement d’indication précise », avance-t-elle prudemment, dans une interview à La Tribune.

La poule ou l'oeuf ?

Et de minimiser évidemment la possibilité que le livre numérique connaisse le même résultat en France, puisqu'il n'arrivera « pas de sitôt » chez nous. « Nous aimerions bien que quelques personnes compétentes dans nos maisons s’y consacrent à plein temps, mais tant que le chiffre d’affaires tournera autour de quelques dizaines de milliers d’euros, nous devons être circonspects. »

Le serpent se mord la queue avec tant d'évidence, que l'on pourrait trouver cela louche. Comment souhaiter développer à plein temps ce pan de l'édition, tout en affirmant que, au vu des ventes réalisées, l'investissement restera faible ?

Urgent d'attendre, voire de ne pas trop bouger

De toute manière, Terresa Cremisi avait donné le ton dans un entretien accordé à Europe 1 : « Rien n’est plus beau, plus pratique, plus économique, plus durable qu’un livre. »

Comment envisager avec une pareille profession de foi que les investissements nécessaires au développement de l'ebook en France soient effectifs ? Les maisons américaines ne sont pas arrivées à 10 % des ventes de livres réalisées par l'ebook, en attendant que le marché grandisse, mais avec une réelle démarche proactive... (notre actualitté)

Même résonnance que ce qu'elle avait déclaré en septembre 2010 estimant que « pour l'instant, le public n'est pas encore familier du livre numérique ». Mais le problème reste toujours le même : sans démarche visant à procurer aux lecteurs de quoi lire, jamais le public ne sera sensibilisé.

Peut-être est-ce là l'intention finale, d'ailleurs...



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