Tanzanie : la liberté d'expression a manifestement des soucis à se faire

Julien Helmlinger - 20.02.2015

Edition - Justice - Tanzanie - Afrique - Gado - The East African


Après vingt années de publications, The East African, journal régional imprimé à Nairobi, a été interdit par le gouvernement de Tanzanie, État qui selon Freedom House possède au moins 17 lois qui restreignent la liberté d'expression des journalistes. Le motif officiel de la censure concerne la violation des lois locales sur l'enregistrement d'un journal, mais il se pourrait que soit ainsi visée la critique du président Jakaya Kikwete.

 

Caricature signée Godfrey Mwampembwa aka GADO

 

 

Selon Christopher Kidanka, de la rédaction de l'East African, une caricature publiée dans les pages du journal, signée Godfrey Mwampembwa (GADO), aurait dernièrement tapé dans l'œil du gouvernement. Un porte-parole de Tanzanie, directeur des services d'information, a dénoncé le dessin comme ayant démontré un « mauvais goût et manque de respect envers la personne et le bureau du président ».

 

Le journal appartient à Nation Media Group, qui a reçu une lettre le 21 janvier 2015, demandant l'arrêt immédiat de la publication du titre, en attendant mise en conformité avec la loi. Christopher Kidanka avait auparavant été auditionné par ce directeur des services d'information, cité plus haut, Assa Mwambene. Et ce dernier lui aurait reproché à Kidanka certaines opinions véhiculées par l'East African.

 

La législation régissant l'enregistrement officiel d'un journal en Tanzanie a été promulguée en 1976. Elle constituerait la loi la plus renforcée, parmi la vingtaine de ces lois ayant servi à bannir d'autres publications dans le pays, au nom du « respect de la paix et du bon ordre ».

 

Par ailleurs, des associations de médias dénoncent régulièrement les restrictions à la libre expression en Tanzanie, qu'il s'agisse de menaces aux journalistes, d'arrêt plus ou moins provisoire de publications, où encore d'interdiction de leur publicité, qui compliquent la tâche aux médias indépendants du pays.