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Tariq Ramadan et son éditeur convoqués par la justice

Clara Vincent - 11.03.2020

Edition - Société - procès livre édition - Tariq Ramadan - Presse du Châtelet


Mis en examen depuis février 2018 pour « viols » , dont un « sur personne vulnérable », l’islamologue Tariq Ramadan est amené à comparaitre devant le tribunal correctionnel de Paris le 24 juin 2020. Le procès concerne la divulgation de l’identité de l’une des plaignantes dans son dernier livre, Devoir de Véritéparu en septembre 2019 aux Presses du Châtelet. 
 
cultura argentina, CC BY SA 2.0


Tariq Ramadan est convoqué par la justice le 24 juin 2020 pour avoir enfreint l’article 39 de la loi du 29 juillet 1881, qui interdit de « diffuser […] des renseignements concernant l’identité d’une victime d’une agression ou d’une atteinte sexuelle » sans son accord écrit. Et ce, à plusieurs reprises : dans une interview donnée sur BFMTV, le 6 septembre dernier ainsi que dans son dernier livre Devoir de Vérité, paru le même mois aux Presses du Châtelet.

Le livre de Tariq Ramadan avait déjà fait l’objet d’une procédure judiciaire avant sa parution en septembre 2019. Accusé de viol pour des faits remontant en 2009 par une femme souhaitant préserver son anonymat, l'islamologue était en effet soupçonné d'avoir révélé l'identité de la plaignante, connue dans la presse sous le seul prénom de Christelle. 

Cette dernière avait ainsi poursuivi l'islamologue en référé, une procédure d'urgence, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris. Son avocat, Me Éric Morin, avait fait prévaloir l’article 39 de la loi du 29 juillet 1881, selon lequel « [l]e fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, des renseignements concernant l’identité d’une victime d’une agression ou d’une atteinte sexuelle ou l’image de cette victime lorsqu’elle est identifiable est puni de 15 000 euros d’amende ». 

Au terme de la procédure, le TGI de Paris avait finalement estimé que la plainte constituait une « atteinte excessive et disproportionnée à la liberté d’expression ». Reconnaissant néanmoins le préjudice subi par la plaignante, Tariq Ramadan était amené à verser un euro symbolique. Ainsi la publication de Devoir de Vérité avait-elle été maintenue. 

Ce lundi 9 mars, l'AFP apprenait toutefois que l’affaire était cette fois portée devant le tribunal correctionnel, à la demande du Parquet de Paris. Tariq Ramadan, tout comme son éditeur, les Presses du Châtelet, sont dès lors cités à comparaitre devant la justice. 
 

« Cette poursuite relève de la plus grande hypocrisie », a réagi Me Emmanuel Marsigny, avocat de Tariq Ramadan, qui souligne que l’identité de la paigante n’avait « pas été révélée par Monsieur Ramadan mais par les plus grands médias depuis près de deux ans sans que ni le parquet ni cette partie civile ne s’en plaignent et sans qu’aucun de ces médias ne soit poursuivi ».

« Depuis octobre 2017, elle s’est mise en scène dans les médias et sur les réseaux sociaux en fournissant elle-même sa photographie pour illustrer son interview à Vanityfair », a-t-il observé. Il estime ainsi que cette procédure traduit « l’acharnement du parquet » à l’encontre de son client.

« Monsieur Ramadan a délibérément fait le choix de faire peur aux plaignantes en suscitant des réactions de harcèlement à l’encontre de ma cliente », a fait valoir pour sa part Me Eric Morain. « Faire peur aux victimes pour les inciter à se taire et se terrer ne doit plus être une alternative », a-t-il ajouté.


Mise à jour: 
Le dévoilement de l'identité de la plaignante imputé à Tariq Ramadan dans son livre, s'était également opéré dans les médias en 2018. Plusieurs journaux, dont Paris Match, Le Figaro, L'Express ou encore le Nouvel Obs avaient en effet relayé les propos de l'avocat de M.Ramadan, Me Marsigny, adressés à l'AFP. A cette époque, Tariq Ramadan avait reconnu devant les juges d'instruction de l'effectivité des relations sexuelles dont il était accusé et qu'il niait jusqu'alors, après les révélations d'un échange SMS entre les deux parties. Les messsages « démontrent que les parties civiles ont menti et que les relations sexuelles ont été parfaitement souhaitées, consenties et même par la suite de nouveau recherchées », soutenait toutefois Me Emmanuel Marsigny.



Commentaires
correctif à apporter à votre chapô d'introduction : Tariq Ramadan n'est absolument pas mis en examen pour "viols sur mineurs". Vous pouvez le vérifier facilement par vous même à partir des chefs d'accusation rapportés par la presse.
merci d’avoir tenu compte de ma précédente remarque.

peut-être une autre précision :

vous écrivez

"l'islamologue était en effet soupçonné d'avoir révélé l'identité de la plaignante, connue dans la presse sous le seul prénom de Christelle.

or l’identité de la plaignante avait déjà été révélé par l’AFP et plusieurs médias en octobre 2018 (cf liens ci-dessous)



https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Tariq-Ramadan-a-reconnu-des-relations-sexuelles-avec-les-plaignantes-1582705

https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/tariq-ramadan-reconnait-des-relations-consenties-avec-deux-accusatrices-7795284237

https://www.nouvelobs.com/topnews/20181022.AFP7844/tariq-ramadan-a-reconnu-des-relations-sexuelles-consenties-avec-deux-femmes-qui-l-accusent-de-viol.html

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/10/22/97001-20181022FILWWW00149-tariq-ramadan-reconnait-avoir-eu-des-relations-sexuelles-consenties.php

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/tariq-ramadan-reconnait-des-relations-sexuelles-consenties_2043693.html

https://www.france24.com/fr/20181022-accusations-viol-tariq-ramadan-reconnait-relations-sexuelles-consenties

https://www.lalibre.be/international/tariq-ramadan-a-reconnu-des-relations-sexuelles-consenties-avec-deux-femmes-qui-l-accusent-de-viol-5bcd5a37cd70e3d2f642d840

https://www.capital.fr/economie-politique/tariq-ramadan-a-reconnu-des-relations-sexuelles-consenties-avec-deux-femmes-qui-laccusent-de-viol-1312205

et BFMTV : https://www.dailymotion.com/video/x6vxgm2
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