Taxe sur la publicité, plainte des éditeurs : le géant Google répond

Clément Solym - 25.05.2011

Edition - Economie - Google - livres - accord


Directeur général de Google France, Jean-Marc Tassetto vient d'accorder une interview au magazine Edition Multimédi@, dans laquelle il revient, sur la taxe Google, s'en prenant à la publicité en ligne et quelques autres sujets.

« Cette dénomination « taxe Google » relève plus de la posture médiatique, car cette taxe concerne tous les acteurs d’Internet en France. Nous partageons les inquiétudes des annonceurs et des associations. Elle va porter tout simplement atteinte aux investissements numériques en France, notamment ceux réalisés par les petites entreprises qui n’ont pas les moyens de se payer des campagnes publicitaires dans les médias classiques », explique-t-il.

D'autre part, « cette taxe représente au final un frein à la croissance de l’économie numérique française. Or Internet pèse aujourd’hui 60 milliards d’euros, soit 3,2 % du PIB français en 2009, selon la récente étude du cabinet McKinsey. »

Et à partir de là, tout est probablement dit. Surtout quand un certain Éric Besson saluait hier le principe de l'eG8, qui donnait enfin toute sa légimité à internet, un internet moteur de croissance particulièrement fort en France. (notre actualitté) Quid donc de la légitimité de cette taxe Google, sans oublier cependant que la publicité, c'est le coeur de métier de Google, qui ne vit que de ses revenus publicitaires et de la vente des fameux Google AdWords...

Google Livres en tenaille...

L'autre point abordé, tout aussi intéressant, est celui de la plainte déposée par Gallimard, Flammarion et Albin Michel. Les trois éditeurs réclament en effet 1000 € par ouvrage abusivement numérisé par Google Livres. (notre actualitté)

Et comme l'on compte près de 9800 ouvrages, cela chiffre les dommages-intérêts à 9,8 millions €. Ce qui est intéressant, c'est de voir à quel point sa réponse à nos confrères est proche de ce que le communiqué de presse, diffusé le 12 mai pouvait dire.

Le CP
Nous sommes surpris de recevoir cette nouvelle assignation que nous sommes actuellement en train d'examiner, ceci alors même que nous travaillons déjà avec les éditeurs français depuis un certain temps pour trouver des moyens d'augmenter les audiences et les sources de revenus pour les éditeurs, les auteurs et les libraires.
Google est déterminé à travailler avec les industries culturelles dans l'intérêt de chacun et à travers des partenariats fondés sur des solutions en ligne pertinentes. Nous demeurons en tout état de cause convaincus de la légalité de Google Livres et de sa conformité avec les lois françaises et internationales en matière de droits d'auteur.
Nous entendons poursuivre notre collaboration avec les éditeurs afin de développer leur offre numérique et rendre leurs oeuvres accessibles aux internautes en France comme à l'étranger.

M. Tasseto :
Nous sommes surpris de recevoir cette nouvelle assignation que nous examinons actuellement. Elle surgit alors même que nous travaillons déjà depuis un certain temps avec les éditeurs français pour trouver des moyens d’augmenter les audiences et les sources de revenus pour eux, les auteurs et les libraires.
Ceci étant dit, Google reste déterminé à travailler avec les industries culturelles dans l’intérêt de chacun et à travers des partenariats fondés sur des solutions en ligne pertinentes.
Nous demeurons en tout état de cause convaincus de la légalité de Google Livres et de sa conformité avec les lois françaises et internationales en matière de droits d’auteur. C’est d’ailleurs dans cette optique que nous avons fait appel du jugement La Martinière/SNE.
Nous sommes en attente du jugement d’appel, tout en restant ouverts à toutes discussions avec les éditeurs, afin de rendre leurs oeuvres accessibles aux internautes en France, comme à l’étranger.

C'est beau le discours corporate.

C'est beau, mais ça n'apporte pas grand-chose.

Ce qu'il nous apprendra, en revanche, c'est que l'accord passé entre Hachette et Google pourrait tout à fait être dupliqué et mis en application avec d'autres acteurs de l'édition. Après tout, quelques détails restent à finaliser, mais pour le moment, cet accord montre avant tout qu'il est possible de discuter...