Taxer les GAFA au Royaume-Uni : les libraires exultent

Victor De Sepausy - 16.07.2019

Edition - Economie - taxe géants numérique - Angleterre GAFA - libraires concurrence


Voilà des années que les commerçants se plaignent de constater combien leurs taxes excèdent amplement celles dont s’acquittent les GAFA. Pour y remédier, le gouvernement britannique présentait en octobre 2018 un projet de taxation basé sur le chiffre d’affaires réalisé par les GAFA. Prévu pour avril 2020, il était estimé à 400 millions £ — soit 450 millions € alors. 

British Pound Sterling
Joegoauk Goa, CC BY SA 2.0
 

Basée sur 2 % du CA des géants du numérique, la taxe de Philip Hammond, ministre des Finances, était présentée devant les Communes avec fermeté. Et le risque, alors que le Brexit pointait déjà le bout de son nez, de mettre le pays en difficulté est réel : certes, Donald Trump n’aime pas Amazon, mais il apprécie encore moins que l’on frappe sous la ceinture fiscale les entreprises américaines. 

L’idée était de toute manière de capter une partie de la valeur créée par les entreprises technologiques américaines —, et ce, alors que de nouveaux accords commerciaux devaient être, à l’époque, négociés avec les États-Unis. Selon une étude de septembre 2017, les librairies britanniques, pour ne prendre que leur cas, payaient 11 fois plus de taxes commerciales qu’Amazon. Un scandale.

Frapper peu, mais frapper symboliquement

Reste que le gouvernement britannique a tenu bon, et la décision d’introduire la taxe pour avril a été confirmée. Désormais, on parle d’une ponction pour toutes les entreprises excédant 500 millions £ de revenus (554 millions €). 

Pour Meryl Halls, directrice générale de la Booksellers Association, il s’agit là d’un pas dans la bonne direction. L’an passé, son organisation avait exhorté à plusieurs reprises le gouvernement de « rééquilibrer le terrain de jeu » entre les vendeurs pure-players et les établissements de briques et de mortier. Par conséquent, de réviser le système de taxation des entreprises en vigueur. 

Pour autant, il reste bien du chemin à parcourir, insiste-t-elle : pour 1 £, les géants du net payent 2,30 £ d’impôts. « Bien que la taxe sur les services numériques ne soit pas destinée à résoudre l’inégalité de la concurrence économique, la BA continuera de faire pression sur le gouvernement pour qu’il réforme l’ensemble du système de taxation des entreprises. Et ce, pour que les consommateurs et les grands magasins britanniques en bénéficient », indique-t-elle.

« Le système fiscal actuel est obsolète et ne convient plus, pesant lourdement sur les librairies physiques, qui se heurtent à des charges toujours plus lourdes dans la gestion de leurs entreprises », soulignait-elle en août 2018.

Le projet de loi qu’a présenté le Trésor britannique ce 11 juillet vise, sans les nommer, les GAFA — sociétés désignées comme « moteurs de recherche, réseaux sociaux et galeries marchandes en ligne ». Difficile de faire plus clair. La France, pour sa part, a adopté ce 11 juillet la taxe GAFA, promise par le ministre des Finances, Bruno Le Maire. Au grand dam de Donald Trump.

via The Bookseller


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