Télé, livre, radio : Rimbaud, des semelles de vent pour traverser l'été

Cécile Mazin - 19.05.2015

Edition - Société - Arthur Rimbaud - fascination poète


Que ce soit en librairie, ou sur les ondes, et même dans le petit écran, Rimbaud sera partout, alors que le musée qui lui est consacré rouvre ses portes. Un livre de Jean-Michel Djian à venir chez Grasset sera doublé par la diffusion d'un documentaire, du même homme, sur France 3, le 15 juin, avec une diffusion radiophonique sur France Culture, le 11 juin.

 

 

 

 

Les Rimbaldolâtres, signé de Djian, sortira ce 27 mai. « Tout semble avoir été dit sur Rimbaud. Tout. De son vivant déjà, Verlaine l'avait rangé dans son recueil des Poètes maudits, et on n'avait jamais vu maudit si fameux. Le mythe s'augmentait de l'absence, le poète abandonnant la poésie et partant pour le Harar. Rimbaud est très vite devenu plus que Rimbaud, plus que sa poésie. Tout de suite sont apparus des “rimbaldolâtres”, qui l'ont utilisé pour leur cause. Catholiques, surréalistes, révolutionnaires, rockers, tant d'autres », explique l‘auteur.

 

Mais voilà : s'approprier Rimbaud, dans les conditions les plus folles et des manières les plus incongrues revient avant tout à alimenter fantasmes et mystères, tout en faisant disparaître l'auteur, au profit du mythe rimbaldien. « Cessant d'être poète, il est devenu, sous le regard érudit et jaloux des rimbaldolâtres une star, un extraterrestre. Son mystère est devenu la proie de tous les fantasmes. »

 

Sur France 3, Rimbaud, le roman de Harar sera proposé aux spectateurs, après une avant-première en avril dernier à la Maison de la poésie de Paris. « Il est le seul dont le fantôme est plus prégnant encore que le mythe ; l'unique poète à avoir fait de son œuvre/vie de 37 petites années une énigme. Avec sa bouille d'ange et un corps dessiné comme on croque à grands traits une figure illuminée, Arthur ne cesse de nous poursuivre de sa vindicte poétique. Surtout depuis 1880 l'année où il décide de se murer dans le silence abyssinien de cette Corne de l'Afrique jusqu'alors méconnue. »

 

Et Djian de poursuivre : « Rimbaud c'est nous. C'est lui, c'est l'autre. Un grand adolescent des Ardennes qui réussit si bien à célébrer notre folie, notre mal de vivre comme notre génie qu'on peut se demander si l'auteur définitif et pressé de la Saison en enfer n'était pas seulement venu sur terre pour nous provoquer… » Rendez-vous à 15 h.

 

Enfin, durant tout l'été, France Culture profitera de son émission, La Grande traversée, produite... par Jean-Michel Djian et Charlotte Roux, pour la diffusion du 27 au 31 juillet, en cinq fois deux heures, de Rimbaud en mille morceaux. 

 

« Ce n'est pas Rimbaud le poète qui va ici nous guider dans la réalisation de cette Grande Traversée mais le récit épique élaboré, façonné autour des différentes facettes de sa personnalité. Notre intention est donc de dépasser la figure narrative du poète (largement connue et redondante) pour accéder à un documentaire sonore inédit où l'auditeur va se retrouver à partager les cinq vies d'Arthur : celle du  génie, du voyou, du  commerçant, de l'explorateur et du mystique. »