Temps de l'écriture, risques de l'éditeur : l'argent et le livre

Clément Solym - 22.04.2010

Edition - Economie - acheter - manuscrit - chapitre


Si ce fut réellement la Foire à Londres, du fait des vols annulés, pour cause de volcan récalcitrant à la littérature (quelle autre explication ?), cela n'a pas empêché de recueillir quelques informations intéressantes sur le marché anglais.

Notamment lors d'une conférence intitulée Not to dare: Has British literature become risk-averse? [NdR : Ne pas oser : la littérature anglaise est-elle devenue frileuse ?]

Selon l'agent Isobel Dixon, qui prenait la parole au cours de cette table ronde, on constaterait un sévère refroidissement de la part des éditeurs. Citée par The Bookseller, elle explique que les maisons n'achètent aujourd'hui pus un troisième roman, même d'un auteur connu, sur le simple premier chapitre qui leur est envoyé. Et pour le coup, les voilà contraints de trouver de l'argent par leurs propres moyens pour parvenir à achever l'ouvrage.

« Les éditeurs disent qu'ils prennent tous les risques avec un nouveau livre, en incluant les frais généraux. Mais qu'en est-il du temps que l'auteur passe à l'écrire, ce livre ? »

Et selon elle, la présence de quatre auteurs sortis de maisons indépendantes, sur la liste du Prix Orange est un signe des temps. Ces derniers vont tout simplement récupérer des auteurs venus de grandes boutiques, dans lesquelles on ne leur donne plus l'assurance de jadis.

Éditeurs, pas banquiers

Réponse ferme d'Alison Samuel, ancienne éditrice chez Chatto : « Tout le monde doit gagner de l'argent, c'est une industrie. L'idée que nous aurions à prendre tous les risques est hilarante. Si les banquiers avaient moins autant que nous le goût du risque, ils ne nous poseraient pas tant de problèmes. »

Et puis, au corps défendant de l'édition, on connaît plusieurs auteurs dont on attend toujours les manuscrits, et qui en ont promis à plusieurs maisons. L'inverse étant vérifiable aussi : les droits d'auteurs ne sont pas toujours reversés. Difficile problématique ? Pas pour Alison : selon elle, il y a « énormément de mauvais livres » qui n'ont pas besoin de voir le jour.

Ça, rien qu'aujourd'hui, la rédaction en a reçu plus d'une vingtaine.