Terry Pratchett contre Docteur Who, une narration ridicule

Clément Solym - 05.05.2010

Edition - Société - science - fiction - television


Doctor Who a fait réagir plutôt vivement, le pourtant très drôle et flegmatique Terry Pratchett, pour qui cette série est « ridicule et brise la plupart des règles de la narration ». Venant du monsieur qui a inventé le disque-monde qui repose sur le dos d'éléphants eux-mêmes placés sur le dos d'une tortue géante qui traverse l'univers, la critique peut sembler dure.

Mais voilà, s'exprimant dans le magazine SFX, Pratchett fait part de son mécontentement face à un véritable engouement.

Ce qui l'agace le plus, c'est que les personnes qui ignorent ce que peut être la science-fiction estiment que Doctor Who relève de ce genre. Pour lequel il a tout de même une certaine affection le père Pratchett.


« Sur la planète Terre, il est généralement tenu pour acquis qu'il est de mauvais ton d'introduire dans un récit une solution de dernière minute qui est totalement inattendue et rocambolesque », tance Pratchett. Mais n'est-ce pas un peu le schéma du Deus ex machina que décrit le romancier ?

Si précisément. Sauf que dans le rôle du Deus, c'est le Doctor et que ce dernier résout toujours ses situations avec une cuillère magique sortie de nulle part. Au moins, en Grèce antique, l'arrivée d'un dieu sur la scène découlait d'une intervention prévue, sinon attendue.

« Je ne sais pas pour vous, mais je n'aurais pas pensé à tenter de démarrer un vaisseau spatial qui ressemble au Titanic en le plongeant dans l'atmosphère [NdR : en chute libre, allusion à un épisode]... mais je dois pardonner le Doctor, parce que c'était très drôle. »

D'ailleurs, Pratchett avoue qu'il regardera encore le prochain épisode, parce que c'est du pur divertissement, écrit par des professionnels, et qu'il est parfois bon de poser son cerveau sur la table en s'abrutissant avec une série télé. « C'est drôle, léger, ils savent quand utiliser le pathos et sont capables de merveilleux moments », ajoute Pratchett.

Battu par l'abrutissement général ?