Terry Pratchett, un univers entre Kant, Platon et Kierkergaard

Clément Solym - 15.12.2014

Edition - Société - Terry Pratchett - philosophie romans - Kant Platon


Il a vendu 75 millions d'exemplaires de ses romans, et il a pris les armes contre la maladie d'Alzheimer, dont il est victime depuis 2007. Depuis 1983, Terry Pratchett fait rire ses lecteurs, avec des aventures de fantasy complètement déjantées. Mais il intéresse également les savants : pour preuve, cette étude menée par deux philosophes, très sérieusement.

 

 The Great A'Tuin Star Turtle

Lamerie, CC BY 2.0

 

 

James South et Jacob Held, deux enseignants de philosophie, viennent de faire paraître une étude portant sur l'œuvre de Pratchett. Tous deux sont agrégés de philosophie, le premier à l'université Marquette, l'autre à celle de Central Arkansas.

 

« C'est un homme très intelligent, un écrivain de talent, et il comprend aussi bien que n'importe quel philosophe le pouvoir de la narration, et les problèmes humains à trouver du sens à la vie, et le monde dans lequel on vit », expliquent-ils.

 

Derrière le non-sens des romans de Pratchett, trouver des références philosophiques profondes n'étonnera absolument aucun de ses lecteurs. Alors, retrouver entre les pages des philosophes comme Platon et son monde des Idées ou Kierkegaard et son existentialisme, il suffisait en somme de l'écrire pour le révéler à tous. 

 

Pour exemple, la vision de la mort, telle qu'elle est présentée chez Pratchett, serait profondément kantienne. Notons cependant que la mort peut de temps à autre faire la grève, dans l'univers de l'écrivain, et que cette notion n'est pas présente chez l'auteur allemand. En revanche, les idées d'impératif ou de nécessité, qu'on retrouve dans le Disque-monde, se référeraient bien à ce qu'Emmanuel a pu écrire. 

 

« Si Pratchett est accusé de faire de la littérature, j'espère que ce livre fera qu'il soit aussi accusé de philosophie », explique South. Entre cette imagination débordante et les multiples références que l'on peut y retrouver, l'univers pratchettien est bien plus complexe que l'on ne peut le croire – sans l'avoir lu.

 

Pour mémoire, le Disque-Monde repose sur un principe simple : une tortue parcourt l'univers, avec sur son dos quatre éléphants, qui portent un disque (monde...) plat. Et la première des questions à se poser reste : s'agit-il d'une tortue mâle, ou femelle...

 

D'ailleurs, Pratchett ne manque pas de s'interroger lui-même sur cette notion de philosophe, en proposant cette définition. « Un philosophe, c'est quelqu'un d'assez brillant pour trouver un emploi dans soulever des objets lourds. » Tout est dit. 

 

(via Guardian)