Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Théâtre antique : Picasso illustrateur de Lysistrata, d'Aristophane

Cécile Mazin - 28.10.2013

Edition - International - Picasso - Aristophane - Lysistrata


C'est un ouvrage original que publia en 1934 Limited Editions Club, maisons d'édition qui à cette époque proposa plusieurs beaux livres. Toujours des classiques de la littérature mondiale, mais cette fois illustrés par des artistes très en vogue de l'époque. Un tirage à 1500 exemplaires et des oeuvres dédicacées, il n'en faut pas plus pour créer la rareté...

 

 

 

 

En l'occurrence, c'est à Pablo Picasso qu'est revenu d'illustrer Lysistrata, une pièce de l'auteur grec comique, Aristophane, avec des dessins typiques, mais l'on retrouvera dans le cade d'une vente aux enchères, un Ulysse, de James Joyce, illustré par Henri Matisse en 1935. Un livre qui serait l'un des « plus prisés et les plus désirés sur le marché moderne des éditions limitées », raconte Open Culture.

 

Chose amusante, Lysistrata raconte comment les femmes de Grèce décident d'une grève du sexe permanente, tant que leurs époux ne mettent pas un terme à la guerre du Péloponnèse. Le tout s'amuse beaucoup de la frustration sexuelle que les guerriers peuvent ressentir - et que l'on ne retrouve pas vraiment dans les dessins de Picasso.  

 

Littéralement, Lysistrata, signifie « celle qui délie l'armée », incarnant littéralement un message de paix et d'amour que l'on retrouvera dans les années 60 : Make love not war, Faites l'amour, pas la guerre. Cela dit, la discussion n'est pas des plus simples, pour Lysistrata, qui, proposant son idée de grève du sexe, n'obtient pas l'adhésion immédiate.

 

 

 

 

Lampito.

En effet, Ménélas, autant que je me rappelle, laissa tomber de ses mains son épée, dès qu'il aperçut le sein découvert d'Hélène[18].

Myrrhine.

Que devenir, ô infortunée, si nos maris nous laissent là ?

Lysistrata.

Il faut, dit Phérécrate[19], dépouiller le chien écorché[20].

Myrrhine.

Tous ces subterfuges ne sont que des bagatelles. Mais s'ils nous prennent et nous emmènent malgré nous dans leur chambre ?

Lysistrata.

Résistez, en vous accrochant à la porte.

Myrrhine.

Et s'ils donnent des coups ?

Lysistrata.

Prêtez-vous alors, mais de mauvaise grâce. Ils n'ont aucun plaisir à ce qu'ils prennent de force. Il faut les contrarier de toutes façons. Ne doutez pas qu'ils ne soient bientôt rendus. Un mari ne goûte jamais aucun vrai plaisir, quand sa femme n'y participe pas.

(via Wikisource)