Thierry Pech, directeur général, se sépare du Seuil

Clément Solym - 01.12.2009

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Thierry Pech ne vivra donc pas le déménagement traumatique du Seuil, qui embarque avec La Martinière de l'autre côté du périphérique, quittant son VIe arrondissement natal. Arrivé en janvier dernier dans la maison, alors qu'il officiait au poste d'éditeur, et qu'il prenait la place de directeur général, Thierry Pech partirait en direction de la presse, sans avoir encore annoncé quelle voie il emprunterait.

Cependant, il semblerait bien, selon Libération, que la situation se soit dégradée au point que son départ soit nécessaire. Il prend également place dans la fameuse charrette qui avait prévu une réorganisation de l'effectif, avec le départ volontaire de 43 autres personnes. Vingt employés du Seuil s'étaient alors manifestés pour réserver leur place.


Il aura été l'éditeur de la collection République des idées, qui publiait avec un véritable succès des textes de sciences humaines, et des ventes importantes sur de petits livres (on évoque des 30.000 exemplaires sans peine...). Reste que le départ pour Montrouge aura rendu la situation encore plus complexe que prévu, avec d'autres départs de grandes figures de la maison.

En effet, rappelons qu'en juillet 2006, Hervé Hamon avait plié bagage avec ses auteurs, histoire de préserver leur valeur et de ne pas les voir considérés comme des marchandises - en substance et pour faire vite. De tels mouvements laissent de toute évidence planer des doutes, non pas sur la qualité des publications, mais sur la capacité à conserver des gens efficaces, tout en leur laissant une marge de manoeuvre confortable. Tout n'aurait pas été si confortable pour lui, explique Libération, pris en tenaille entre un Denis Jeambar loin des « affaires courantes » et « deux directrices de pôles très actives », Martine Saada et Monique Labrune.

Peut-être bien que ces derniers temps, La Martinière, qui a racheté Seuil, est plus occupé à préparer sa plaidoirie contre Google books. Coïncidence du calendrier, c'est le 18 décembre que Thierry Pech quittera le navire, le jour même où le tribunal rendra son verdict dans l'affaire qui oppose la maison à la société californienne. On parle tout de même de dommages-intérêts à la hauteur de 15 millions € réclamés par La Martinière...

On le retrouve ici au micro de France Info, en septembre 2007 :