Tim Cook, bourreau de travail chez Apple, raconté dans un livre

Clément Solym - 04.03.2014

Edition - International - Steve Jobs - Tim Cook - Apple


Difficile de prendre la succession du maître Steve Jobs, arrogant, narcissique, insolent et génial. Pourtant, il incombe à Tim Cook, depuis la mort de Jobs, de mener le bateau, et de le faire voguer le mieux possible. La semaine dernière, le Wall Street Journal a mis en ligne quelques pages du livre de Yukari Iwatani Kane, Haunted Empire. Surprise : l'ère post-Jobs est loin d'être facile à vivre… 

 

 

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thetaxhaven, CC BY 2.0

 

 

Pourtant, Cook semblait avoir bien pris en compte l'héritage de Jobs, mais avec des attentes nettement plus marchandes et commerciales : le meilleur prix, la meilleure livraison, le meilleur rendement. En fait, tous les curseurs ont été mis si haut que les responsabilités en deviennent écrasantes.

 

« Je veux que vous agissiez, à la mesure de la compagnie de 20 milliards $ que nous sommes », expliquait-il, alors que la firme ne disposait que de revenus annuels évalués à 6 milliards $. 

 

Feuilles de calcul, résultats, recettes, dépenses : Cook est un homme qui a plus d'affinités pour les données brutes et froides que Jobs ne pouvait le laisser croire. Et il serait connu pour poser 10 fois la même question, au cours d'une réunion. À l'opposé de Jobs, qui était capable d'envolées lyriques, et entretenait un certain penchant pour ces déclarations, Cook s'est plutôt orienté vers « le pouvoir du silence », explique l'auteur. Quitte à prolonger indéfiniment, dans une gêne absolue, les séances de travail.

 

« Imperturbable, Cook n'a pas bougé une oreille, alors que ses yeux se concentrait sur sa cible, qui se tortillait. Parfois, il sortait une barre énergétique de sa poche, alors qu'il attendait une réponse, et le silence était simplement rompu par le bruissement du papier. »

 

Mais Cook est un bourreau de travail, affirme l'auteur. Avec une discipline de fer, dans sa vie, comme au travail. Des repas simples, composés de riz et de poulet, des barres protéinées qu'il consomme régulièrement et de la salle de gym, plusieurs fois par semaine.

 

Le tout avec un réveil à 4h30 ou 5 h du matin, et une endurance surhumaine. « Il pouvait s'envoler vers l'Asie, passer trois jours là-bas, en vol aller-retour, atterrir à 7 heures à l'aéroport et se retrouver au bureau vers 8h30, et demander les derniers résultats à quelqu'un. »