Le Blanc-Mesnil : "Le maire considère qu'il y a diffamation, c'est son droit"

Antoine Oury - 31.08.2015

Edition - Société - Titi Gnangnan - Thierry Meignen - Le Blanc-Mesnil


Depuis un peu plus d'un an, la bande dessinée Titi Gnangnan, signée Remedium, met en scène le maire de la ville d'Alba-Villa dans des strips publiés de façon régulière sur un Tumblr. Mais, en juillet dernier, le maire du Blanc-Mesnil, Thierry Meignen, a estimé que la bande dessinée relevait de la diffamation à son égard, ainsi qu'à celle de son équipe municipale.

 

Le dernier strip publié sur le tumblr Titi Gnangnan

 

 

Depuis, comme nous l'exposions dans un papier vendredi dernier, le maire Les Républicains de la commune a fait voter par le conseil municipal une « protection fonctionnelle », qui permet une couverture à hauteur de 10.000 € des frais de justice. « Il s'agit d'un processus légal, qui consiste à faire voter la protection fonctionnelle avant le dépôt d'une éventuelle plainte », nous explique le cabinet du maire, contacté par ActuaLitté.

 

Autrement dit, la procédure est habituelle.

 

Quant à la plainte, « rien n'est déposé », précise-t-on. « Ces caricatures sont assez transparentes dans le sujet qu'elles visent, et elles ont été distribuées en période électorale, comme des tracts. Le maire considère qu'il y a diffamation, c'est son droit. »

 

L'autre étape de cette affaire, c'est un courrier reçu par l'auteur de la bande dessinée Titi Gnangnan, Remedium aka Christophe Tardieux, qui lui indique qu'il devra quitter son logement de fonction au 31 octobre 2015. En tant qu'instituteur au sein d'une école publique, il bénéficiait d'un logement à tarif préférentiel, accordé selon une convention d'occupation à titre précaire et révocable, nous explique-t-on à la mairie.

 

Christophe Tardieux occupe cet appartement depuis 2013, et la mairie souligne que le principe de la convention est d'instaurer un roulement au niveau des locataires. « Six autres personnes sont dans le cas de ce monsieur, sur l'ensemble des logements conventionnés de la ville », assure le cabinet du maire. La démolition d'un immeuble pour l'installation du métro du Grand Paris rend la tâche des relogements un peu plus délicate, et le logement de Christophe Tardieux a déjà été attribué à une employée municipale à la situation urgente, avec 5 enfants à charge.

 

Le dessinateur aurait l'intention de contester la demande de la mairie devant le tribunal administratif.