Tollé d'indignation, devant la censure de Mark Twain

Clément Solym - 17.01.2011

Edition - Société - nigger - twain - censure


Comme diraient les djeuns, « ça le fait pas du tout ». Encore, que... emploient-ils toujours cette expression ? Hmm... Et l'emploieraient-ils au sujet de Mark Twain ? Savent-ils simplement qui est Huckleberry Finn ? Ô, incertitudes...

Dans la prochaine édition du livre, le mot nigger, considéré comme péjoratif et insultant, a été remplacé par son éditeur, au profit de slave. Une mutilation que ne semble pas digérer la presse américaine, pas plus que le grand public. Effectivement, le mot, particulièrement raciste, figure 219 fois dans le roman, et Alan Gribben, professeur à l'université Auburn Montgomery d'Alabama, estime qu'il est impératif de corriger cela. (notre actualitté)

Et ce, dans le plus total mépris du texte originel, de l'intention de Mark Twain de rendre compte du langage de son époque, autant que de l'état d'esprit de la société du milieu du XIXe siècle.

Le livre raconte l'Amérique à travers trois grands thèmes : la cupidité, le racisme et la violence. Il fut surtout le premier auteur américain à rendre compte des dialectes et des vocables du Sud, souvenirs de sa jeunesse. Et Mark tenait particulièrement à ces termes, pour pointer les écarts de son époque.

Selon les témoignages recueillis par l'Associated Press, qui explique comment le livre Tom Sawyer a subi le même coup de rectification, cela met en danger non seulement la lecture de Twain, mais également l'ensemble des classiques de la littérature étatsunienne. (notre actualitté)

Après tout, un classique, c'est ce qui a servi à l'édification d'un socle culturel commun, et nombre d'enseignants contactés par l'AP font état de leurs craintes. Et des dangers qu'il peut y avoir à pratiquer ainsi une certaine censure sur les ouvrages.

Pourtant, Alan Gribben estime bel et bien que ces termes doivent être supprimés, pour ne pas offenser les sensibilités des lecteurs contemporains, pour qui le terme a pris des connotations plus radicales encore.

Du politiquement correct, finalement...