Tony Blair, passionné de Zola et de Tolkien

Clément Solym - 27.06.2011

Edition - Société - tony - blair - sorciers


Il a quitté ses fonctions de Premier ministre pour se reconvertir dans le consulting, mais Tony Blair reste cette figure de la Grande-Bretagne, si particulière au coeur de ses anciens administrés.

Et alors qu'il casse la baraque avec une autobiographie où il dit tout, de chez tout, un pan inédit de son caractère vient d'être révélé au grand jour. Et avec délectation, car les médias s'en emparent sans pitié. De fait, si l'on jette un oeil aux lectures du sieur Tony, ses goûts penchent pour les méchants personnages, les collaborateurs, les prophètes religieux, mais également les parias politiques et les obsessionnels. Jolie liste.

Dans les neuf livres qu'il cite, dans la revue We Love This Book, et qui l'ont marqué, on retrouve ainsi le Seigneur des Anneaux, des biographies de Jesus et Mahomet, ainsi que L'île au trésor de Stevenson, qu'il lit actuellement à son fils. « Long John Silver n'est pas un méchant simple, mais un homme capable tout aussi bien de méchanceté que d'un certain code de l'honneur. » Certes...

Et dans le Seigneur des Anneaux ? C'est la part sombre des personnages qui le séduit : être confrontés à des dilemmes moraux permanents. Ces sorciers qui deviennent des monstres, ceux qui tombent en disgrâce. « Par l'ampleur et la majesté de l'invention, les détails de ce monde imaginaire créé par Tolkien, et les thématiques du bien et du mal, riches et profondes, rien ne se compare à cela. »

Quant à son goût pour Trotsky, c'est un peu comme Émile Zola et son Germinal, une certaine envie de lutte des classes. Sauf que Tony lit Zola dans le texte, pour améliorer son français assure-t-il. « Ce qui rend le livre remarquable, c'est la description vivante non seulement de la vie des mineurs, mais également de la mine elle-même - un endroit bestial, de misère pour beaucoup d'hommes et de profit pour quelques-uns. »

Eh ! Leader du parti travailliste un jour, leader toujours...