Toronto, capitale du crime... pour les voleurs de livres d'Haruki Murakami

Elodie Pinguet - 13.01.2017

Edition - International - Toronto - Haruki Murakami - vol livres


L’auteur japonais Haruki Murakami figure dans le top sur la liste des livres volés à Toronto. Une centaine de ses livres aurait été dérobée dans l'agglomération canadienne avant d’être revendus, à des tarifs défiant toute concurrence, travers la ville. Un marché noir qui ne cible donc que le romancier japonais. Etonnant. 

 

Choo chin nian CC BY SA 2.0

 

 

À Toronto, le téléchargement illégal d’ebooks est déjà has-been. En effet, depuis quelque temps, un criminel sévit à intervalles réguliers dans les librairies de Toronto. Et ce mystérieux voleur semble vouer une passion féroce pour le célèbre auteur Haruki Murakami.

 

Après avoir été connu pour ces romans de réalisme magique, de fantastique ou encore de science-fiction comme 1Q84, les Amants du Spoutnik, Kafka sur le rivage ou les Chroniques de l’oiseau à ressort, il sera maintenant connu comme « le nouveau Kerouac en termes d’auteurs volés ».

 

Le propriétaire de la librairie Good Read, Gary Kir avoue avoir « perdu 800 $ les deux dernières fois que ce gars m’a frappé ». En effet le voleur ne se contente pas généralement d’un ou deux livres, mais repart avec une étagère entière : « Il a pris tous mes Norwegian Woods, mes Spoutnik. »

 

Tous ces livres volés seraient ensuite revendus au marché noir dans les quatre coins de la ville, à moindre coût évidemment. D’après Gary Kir, le prix de revente devrait tourner autour de 3 $.

 

Un autre propriétaire, Derek McCormack et Kir, pensent que les librairies d’occasions sont nombreuses à acheter ces livres à moindre coût qui « seront ensuite facturés 10 $ pour faire un profit ». Les étudiants aussi seraient susceptibles d’acheter ces livres volés, faute de moyens. 

 

C’est la popularité de l’auteur qui engendre cet épisode de vols en série. D’après Derek McCormack, qui est dans le métier depuis 25 ans, les vandales sévissaient sur d'autres auteurs, tout aussi popluaires de Murakami aujourd'hui. Ainsi, « Jack Kerouac et Allen Ginsberg puis Vladimir Nabokov », furent les victimes de larcins littéraires.

 

Sauf que, dans les faits, les voleurs semblent très organisés. « Ces types sont des pros, ils savent ce qu’ils veulent, et récupèrent de grandes quantités de livres », note Derek McCormack.

 


 

Certains libraires, comme le montre le tweet ci-dessus, commencent d'ailleurs à en jouer : ils proposent des étagères entières, consacrées... aux ouvrages de Murakami les plus dérobés. 

 

En février 2017, Haruki Murakami sortira un nouveau roman au Japon

 

Pour essayer d’enrayer le phénomène Gary Kir, qui a distribué des photos du potentiel voleur, suggère que les libraires se mettent à marquer leurs ouvrages. Et qu'avant de racheter des livres d’occasion, les bouquinistes effectuent leurs transaction par carte de crédit : de la sorte, ils conserveraient une trace de l'opération, et surtout une identité...

 

Via CBC